Europe Ecologie / Les Verts à Sucy-en-Brie

23 janvier 2012

Une Usine polluante et dangereuse à 650 mètres de l'école des Noyers de Sucy-en-Brie

Eiffage n'a pas perdu de temps ... et le coeur de l'usine d'enrobé à chaud est presqu'achevé ... à 650 mètres de l'école des Noyers ! Il est encore temps de réagir en fédérant toutes nos forces dans un collectif appelé T'AIR-EAU 94. http://www.taireau94.wordpress.com

31 décembre 2011

Projet Eiffage de central de bitume au lignite dans port de Bonneuil : que fait la mairie de Sucy-en-Brie ?

Le dossier documentaire que nous avions mis en ligne sur ce blog le 4 janvier est désormais obsolète car Eiffage n'a pas perdu de temps ... et le coeur de l'usine d'enrobé à chaud est presqu'achevé ... à 650 mètres de l'école des Noyers !

Il est encore temps de réagir en fédérant toutes nos forces dans un collectif appelé T'AIR-EAU 94.

En tout état de cause, et pour éviter le dispersion, nous concentrons désormais toutes les informations relatives au combat contre l'Usine Eiffage sur un site unique :

http://www.taireau94.wordpress.com

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XXXXXXXX ARCHIVES : ARTICLE PUBLIE LE 4 JANVIER 2012 XXXXXXXX

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Le 27 Juin 2011, le Préfet du Val-de-Marne a rendu un avis favorable pour l'installation par la société Eiffage d'une centrale d'enrobage dans le Port de Bonneuil-sur-Marne. Il s'agit d'une installation classée, donc potentiellement dangereuse, qui utilise du lignite dans la fabrication d'asphaltes et de bitume. Cet article tente de faire le point sur un dossier complexe où les autorisations semblent avoir été données bien rapidement, notamment par la mairie de Sucy-en-Brie, qui s'était engagé à attendre les résultats d'une étude d'impact avant de se prononcer.

1. La localisation du projet Eiffage

1.1. La localisation officielle du projet est incertaine ...

L'arrêté indique que le projet se situerait 34, rue du Moulin-Bateau dans la parcelle cadastrale n°18 section OB du Port de Bonneuil, dont voici la situation d'après le site Geoportail.

Le point rouge indique la localisation du 34, rue du moulin-bateau et la parcelle 18 correspond au triangle délimité par le chemin de fer et la rue du moulin-bateau.Le terrain indiqué semble cependant bien petit pour une installation de cette ampleur et tout porte à croire que le gros de l'installation se situerait plutôt dans la parcelle cadastrale 30 où le grand bâtiment visible sur cette image ancienne a été récemment rasé comme le montre une photographie plus récente :

On voit clairement sur la photographie le très vaste terrain libre situé en limite de la parcelle 18 où le projet a été déclaré. Si le projet porte réellement sur ce vaste terrain situé en parcelle 30, n'y-a-t-il pas là un motif d'annulation de la demande? Car cela change de façon significative la mesure des distances aux habitations, notamment par rapport au quartier des Noyers de Sucy-en-Brie.

1.2 ... mais son impact potentiel sur les populations de Saint-Maur et de Sucy ne fait aucun doute !

Même si on s'en tient pour l'instant à la localisation officiellement annoncé du 34 rue du Moulin-Bateau, on voit facilement que l'impact potentiel du projet sur les habitants de Sucy et de Saint-Maur est potentiellement élevé, compte tenu de la faiblesse des distances entre l'usine et les habitations. Cette carte met en évidence la très grande proximité de l'usine par rapport aux zones d'habitats de Saint-Maur (les premières maisons sont à moins de 300 mètres) mais aussi de Sucy-en-Brie où les immeubles des Noyers sont à 800 mètres environ du site officiel du projet et moins de 600 mètres si c'est la parcelle n°30 et non pas la n°18 qui abrite l'usine. Il faut par ailleurs tenir compte de la direction générale des vents (d'Ouest en Est la plupart du temps) qui va naturellement augmenter la diffusion des panaches de fumée vers l'ensemble de la commune de Sucy-en-Brie.

1.3 Attitude des mairies voisines lors de la consultation préalable

Il est instructif de noter que aucun habitant de la ville de Bonneuil-sur-Marne ne se trouve à moins d'un kilomètre de la centrale (et de plus à l'ouest) , ce qui peut expliquer pourquoi la ville a approuvé le projet.

La mairie de Saint-Maur s'est logiquement opposé au projet vu la menace directe qu'il fait peser sur ses habitant et a rendu une délibération à ce sujet que l'on reproduit ci-dessous : Les habitants de  Les habitants de Saint Mauront d'ailleurs commencé à manifester leur inquiétude sur le site Blog de Saint Maur avec l'article "De la pollution à venir" qui suscite déjà 22 commentaires.

 

Mais ce qui est plus surprenant est l'attitude du conseil municipal de Sucy-en-Brie qui, à la demande de la conseillère municipale EELV avait accepté  le 20 Décembre 2010 une étude d'impact qui ne semble pas avoir été lancée depuis. Et qui en attendant a donné implicitement un accord de principe en ne s'opposant pas à la construction

cs_sucy_20Dec2010

Pourquoi ne pas avoir lancé l'étude d'impact et laisser passer l'occasion de retarder l'autorisation préfectorale ? On ne peut manquer de s'interroger sur le fait que l'adjoint au maire de Sucy-en-Brie en charge de ce dossier soit également directeur-adjoint du Port Autonome de Bonneuil...

2. Quelle sont les risques en matière de pollution atmosphérique pour les habitants ?

Une centrale d'enrobage au bitume comporte potentiellement plusieurs types de risques et plusieurs types de pollution. Nous nous centrons ici prioritairement sur la pollution atmosphérique qui est de loin la plus préoccupante, compte tenu de l'emploi de lignite dans le processus d'enrobage. Mais nous invitons les lecteurs à compléter leur information en téléchargeant l'ensemble du dossier d'autorisation préfectorale qui décrit les autres formes de risques : AP AUTORISATION EIFFAGE BONNEUIL 27 06 2011-1

2.1 Ce que dit le dossier d'autorisation préfectorale sur les rejets atmosphériques

Nous reprenons ici l'extrait de l'autorisation relatif aux rejets atmosphériques :

2.2 Commentaires sur le dossier

Il est évidemment difficile pour le néophyte de se retrouver dans ces paragraphes très techniques et de déterminer ce qui est dangereux ou non pour la santé, ce qui est conforme ou non au principe de précaution. Ce que l'on peut tout de même observer de prime abord est la récurrence des phrases comportant les mots "dans la mesure du possible", "éventuel", "interdit sauf si nécessaire" ... qui indiquent clairement la volonté de limiter au maximum les contraintes imposées à l'exploitant industriel. On notera également que la cheminée de 34 mètres, conçue pour assurer la dilution des gaz toxiques dans l'atmosphère, ne sera pas d'une grande efficacité pour les habitants de Sucy-en-Brie compte tenu de la direction générale des vents d'Ouest et de la hauteur du plateau de Brie. La cheminée élevée protégera à la rigueur les riverains de Saint-Maur (sauf en cas de temps anticyclonique) mais n'aura guère d'effet pour ceux situés en hauteur à l'est de l'installation. Finalement, on rappellera que les principaux dangers sanitaires dans la production des asphaltes ou bitumes ne viennent pas directement des poussières mais plutôt des composés rares tels que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) qui sont mentionnes dans le tableau des concentrations maximales. Une synthèse sur les dangers des fumées de bitume est disponible par exemple sur le site Ushuaïa en cliquant ici. On pourra également lire l'étude proposée par le site Atousanté en cliquant ici

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3. Exemples de réactions face aux nuisances des centrale à chaud

On constitue ici un petit inventaire des réactions suscitées par l'implantation de centrales à chaud en ville. Pas exhaustif mais utile pour voir comment d'autres ont réagi par le passé face au cas qui nous occupe présentement :

3.1) L'entreprise d'enrobé E26 de Portes les Valences

L'association "Aux portes de notre santé" résume sur son site le combat qu'ils ont mené contre les nuisances causées par une centrale à chaud : "L'entreprise de travaux publics E26 est présente depuis de nombreuses années dans ce quartier. Mais la centrale à bitume n'est apparue que récemment en 2007. La plupart des riverains, y compris dans les quartiers récents comme le lotissement des Chênes, étaient installés avant la centrale."

Selon les membres de l'association : " Le chauffage du bitume dégage des odeurs trés fortes et gênantes. Il dégage également des produits toxiques et cancérigènes. Les termes "toxiques et cancérigènes" sont ceux employés par le commissaire enquêteur lors de l'enquête publique. Ces fumées contiennent notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques ( HAP) connus pour causer d'importants dommages sur la santé humaine. De plus, "Cette nouvelle activité d'ENTREPRISE 26 génére de trés importantes quantités de poussière. Le broyage, le concassage et le stockage des matériaux créent des nuages de poussière qui se déposent chez les riverains (sur les terrasses, dans les piscines, dans les jardins, et dans les logements)". Les témoignages des habitants sont peu rassurants : "Quand il y a le vent du Nord, je bouche mes entrées d'air " "Je vis en fonction de la production d' E26" "Je referme mes fenêtres avant 7h30, l'heure où la centrale démarre" "J'ai un peu de scrupules à laisser mes enfants jouer dehors quand la centrale tourne" " etc, etc,..." Le site détaille ensuite les actions entreprises (presse, justice, ...) et propose des liens vers d'autres communes concernées par l'arrivée de centrales à chaud que je reprends brièvement ci-dessous.

3.2 Centrale d'enrobé de Lerouville (55)

L'association A.P.P.E.L.S. (Association Pour la Préservation de l'Environnement à Lérouville et la Santé publique) s’est créée suite à la découverte d’un projet de construction d’une centrale d’enrobés à chaud sur le territoire de sa commune. Extrait du blog : " Après avoir consulté les documents techniques de l’enquête publique (étude d’impact, étude des dangers…), nous avons constaté que les rejets établis par cette étude sontmaitrisés conformément aux normes admissibles en la matière ; il n’en demeure pas moins que des risques de contamination de la population et des écosystèmes en aval du projet subsistent.Nous parlons ici de rejets d’arsenic, chrome, cadmium (l'interdiction de celui-ci est évoquée pour 2008, il devra être récupéré et recyclé), nickel, dioxyde de souffre et autres HAP, hydrocarbures aromatiques polycycliques (la nouvelle directive fille 2004/107/CE les concernant est en cours de transposition en droit francais), tout cela à moins de 300 m de la commune de LEROUVILLE qui, comme BONCOURT/MEUSE et PONT/MEUSE, se trouve sous les vents dominants la plus grande partie de l’année et par conséquent au fait de cette pollution atmosphérique. Lorsque l’on sait que ces produits ne sont pas biodégradables et transitent dans l’ensemble de la chaine alimentaire que penser des produits des deux exploitations agricoles situées à moins de 250 m du projet pour l’une, et 700 m pour l’autre."

3.3. Usine d'asphalte ASTEL-LPA du Cres (Nord de Montpellier)

Le collectif "Pollution-Le Cres" s'est constitué suite à l'arrivée de cette usine. Le site est très complet et détaillé en matière d'impacts sanitaires, de textes juridiques, etc. Il fournit de plus des liens vers d'autres villes, complétant la liste fournie par Portes les Valence.Extrait du blog "La mise à disposition de la totalité des documents disponibles vise à fournir des informations utiles à toutes les associations de défense de l’environnement qui luttent contre les pollutions générées par les centrales d’enrobés et les usines utilisant l’asphalte et les bitumes comme matière première. Ce travail est le fruit de 3 ans d’activité d’un collectif d’association locales de défense de l’environnement (Collectif Pollution le Crès)."

3.4) L'APEQUA

Le site de l'APEQUA (Association pour la préservation de la qualité de la vie) ne concerne pas une usine d'enrobé en particulier mais apporte des renseignements nombreux sur les nuisances liées aux bitumes et asphaltes. On y trouve comme dans le précédent des dossiers approfondis et des liens vers des associations de défense face aux nuisances des usines d'enrobés.

Conclusion provisoire

Il est sans doute encore un peu trop tôt pour mener une action d'envergure de type pétition. Mais il faut se dépêcher de renforcer le dossier provisoire qui a été constitué ici. Essayer notamment de répondre aux questions suivantes :

1) L'usine Eiffage de Bonneuil utilisera-t-elle réellement les technologies les moins polluantes pour produire du bitume ? Dans la demande d'autorisation il est question d'enrobage à chaud, or la plupart des articles sur ce type d'usine indiquent que l'enrobage à chaud (HMA : Hot Mix Asphalt) est plus polluante que la technique d'enrobage tiède (WMA : Warm Mix Asphalt). On peut lire à ce sujet une synthèse américaine et une étude d'impact lithanienne qui pèsent le pour et le contre des deux méthodes pour conclure aux avantages de la seconde. Etude américaine sur les techniques d'enrobage tiède(WMA) et chaud (HMA) Etude d'impact lithuanienne sur les techniques d'enrobage chaud (HMA) et tiède (WMA)

2) L'ajout de lignite est-il plus dangereux que d'autres procédés de fabrication ?

3) Pourquoi la mairie de Sucy-en-Brie ne s'est-elle pas opposée à l'implantation alors que Saint-Maur l'a fait ? Il y a sans doute là matière à s'interroger sur la responsabilité pénale d'une mairie qui met par imprudence en danger la vie de ses habitants. Surtout lorsqu'elle s'est engagée à mener une étude d'impact avant de donner son accord et qu'elle ne le fait pas. Madame le Maire de Sucy-en-Brie ferait bien de méditer les cas cités dans le document joint :

http://www.juripole.fr/memoires/penal/Agnes_Bertrand/partie2.html


Claude GRASLAND Militant Verts, Sucy-en-Brie

02 mai 2011

Enfants ou caméra ?

Mesdames les 80 jeunes mamans (ou grands-mères...) qui rêviez que la Ville embauche une puéricultrice supplémentaire lors du transfert de la crèche du Rond d' Or au nouveau service de garde situé à l' emplacement de l' ancien commissariat, Madame la Maire vous avait expliqué qu' il n' y avait pas d' argent pour embaucher du personnel communal.

Eh bien tout évolue. Va être créé un emploi de surveillant de... caméras. En effet 24 caméras vont être installées sur le territoire communal (10 sur le centre ville, qui, pourtant n' offre qu' une ressemblance très lointaine avec le Bronx) pour la modique somme de 635 000 euros alors qu' un coût de 20 000 euros/caméra est communément admis. http://elusvertspantin.over-blog.com/article-video-surveillance-etat-des-lieux-37793455.html. Cette somme s' entend hors subvention, celle-ci devant vraisemblablement se monter à 20% de la facture, 50 % étant étant le maximum envisageable. Il est clair qu' outre les 500 000 euros restants, l' entretien (environ 12 % du montant initial), le remplacement du matériel obsolète et le coût du personnel resteront à la charge des habitants de Sucy.

 

 

Des cassettes enregistreront tous vos faits et gestes sur la voie publique, ce qui permettra la verbalisation des stationnements illicites, cassettes stockées pendant six jours. L' employé surveillera tout seul, sans qu' une charte d' éthique ne soit rédigée, ce qui, en ces temps de surmenage de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) ne peut manquer d' interroger. Il n' y a pour le moment aucune assurance donnée selon laquelle seule la Police Nationale et Madame la Maire pourront visionner ces cassettes.

 

Ca va être cher, mais cela va-t-il être efficace ?

A Lyon, une étude de Laurent Mucchielli, sociologue et directeur de recherche au CNRS publiée sur Médiapart n' a dénombré qu' une procédure par caméra et par an. La Cour des Comptes a d' ailleurs souligné cette faible efficacité au regard des sommes engagées. Aucune évaluation chiffrée de l' efficacité du dispositif de caméras de vidéo-surveillance n' est prévue à Sucy.

Aucun impact préventif sur la sécurité des personnes n' a été mis en évidence par les études scientifiques effectuées sur ce sujet car ces atteintes sont  commises de façon non préméditée , sous l' emprise d' une pulsion (Tanguy Le Goff cité dans Rue 89). L' efficacité du dispositif n'est avérée que dans un cas : les lieux clos, comme des parkings bien éclairés et avec une présence humaine (étude de l' IAURIF).

Pour ce qui est des biens, et donc des atteintes préméditées, elles sont le fait de personnes chevronnées, qui, pour mener à bien leur tâche, dissimulent leur visage face à la caméra. Voire déplacent le lieu de leurs forfaits loin de l' oeil de la caméra (effet "plumeau") Et pourquoi confier à la Ville la surveillance de l' espace public,  ce qui se traduit par des factures plus élevées qu' une surveillance de chaque espace privé et/ou commercial par leur propriétaire si celui-ci le juge nécessaire, à moindre coût ?

 

Mais en fait, pourquoi ce besoin subit de caméras ?

Il est consécutif au désengagement de l' Etat, de la Police Nationale, et correspond en fait à un transfert de charge de l' Etat vers les collectivités locales. Si elles le veulent bien.

Il paraît que Sucy est absolument obligée de faire comme les communes avoisinantes, qui ont installé des systèmes de vidéo-surveillance. Mais depuis quand une ânerie faite à plusieurs cesse d' être une ânerie ?

Qui a décidé d' amnistier les moutons de Panurge ?

 

On peut voter avec un bulletin... ou ses pieds.

Madame la Maire nous a expliqué que les nouveaux logements en accession à la propriété construits à Sucy n' étaient pas réservés par de jeunes Sucyciens d' origine. Ne peut-on pas y voir une conséquence des choix faits , privilégiant les caméras là où l' on aurait besoin de berceaux de crèche ?

 

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10 avril 2011

Chroniques d'Anastasie (2) : A quoi sert le forum de débat municipal de Sucy-en-Brie

AnastasieLe forum municipal de débat de la ville de Sucy-en-Brie s'est doté d'une charte d'utilisation qui interdit toute mention de parti politique et tous liens vers les sites de ceux-ci. Cette règle ne semble pas tenable et aboutit à une grande hypocrisie que nous essayons de démontrer par l'absurde.


 

Les citoyens de Sucy-en-Brie ne fréquentent guère le  forum municipal de débat de Sucy-en-Brie, alors même qu'il pourrait servir d'espace citoyen pour débattre des sujets qui intéressent la population. Je pense en particulier à la question des familles roumaines ou au projet d'implantation des caméras de vidéosurveillance. Ces sujets sont évidemment tout sauf consensuels et c'est précisément pourquoi ils méritent débat. Si on ne peut en discuter entre sucyssiens sur le forum de la mairie, autant fermer celui-ci.

 

1) Est-il interdit d'afficher son appartenance politique ?

La charte répond par l'affirmative, comme le montre le dialogue ci-dessous sur le forum municipal

forum1a

forum1c

2) Faut-il adopter la solution hypocrite d'une fausse "neutralité" ?

Pour en avoir le coeur net, j'ai voulu tester l'envoi d'un message "neutre" où toute mention à une affiliation politique serait éliminée et où aucun lien ne serait indiqué vers le site du présent blog où ce message a été publié initialement. Il s'agit à mon avis d'une "expérience" juridique qui devrait aboutir soit à réviser la charte du forum, soit à fermer définitivement celui-ci. Il serait en effet absurde que les citoyens abdiquent toutes leurs affiliations politiques lorsqu'ils débattent entre eux. Sauf à avoir honte de parler de la vie de la cité ...

forum2a

forum2b

3) Conclusion : participez à l'expérience ...

Quelle que soit votre propre affiliation politique, je vous recommande de participer à l'expérience en publiant à votre tour des billets sur le site du forum municipal de Sucy-en-Brie. Il serait dommage que les Sucyssiens ne puissent débattre entre eux alors que des échéances politiques majeures se présentent.

Comme disait Voltaire "Vous proférez Monsieur des bêtises énormes, mais jusques à la mort je me battrai pour qu'on vous les laissât penser ...".

Claude Grasland

Militant EELV94, Sucy-en-Brie

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03 mars 2011

Soirée franco-roumaine le 4 mars à Sucy en soutien aux familles expulsées

4_mars_soir_e_Franco_roumaine___Sucy

Salle Sainte Bernadette, vendredi 4 mars à 19h45, aura lieu une soirée de soutien aux familles roumaines de Sucy. Entrée libre.

Cette soirée festive permettra d'échanger sur les problèmes rencontrées par ces familles et sur les réelles avancées qui les concernent. Mais les choses restent bloquées au niveau municipal.

Frédéric BRAND

 

 

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20 février 2011

Les caméras de vidéo surveillance à Sucy ? Bienvenue au Village !

Inefficace contre l'insécurité, coûteuse pour les budgets municipaux et dangereuse pour les libertés individuelles, la vidéo surveillance est sur le point de se diffuser dans les communes du Haut-Val-de-Marne, sous la pression de l'Etat-UMP et des intérêts privés. Comment résister ?

Bienvenue au village !  L'exemple de la commune de Chazey d'Azergues (Rhône)

Les maires des communes du Haut Val de Marne  qui viennent de lancer des études pour installer des caméras de vidéo surveillance devraient méditer l'exemple de cette commune aisée mais vieillissante de la banlieue lyonnaise qui a connu récemment la célébrité pour avoir installé 37 caméras pour 3900 habitants, soit presque une caméra pour 100 habitants, record de France en la matière ! Comme le rapporte un article de Laurent Burlet publié dans Lyon Capitale et repris par Rue 89, " Avec un tel ratio, cette bourgade coquette du Sud Beaujolais tient certainement un record. On en compte notamment :

  • quatre sur la mairie,
  • cinq au stade de foot,
  • six sur la crèche,
  • trois à l'école maternelle,
  • six à la primaire.

Cette aimable plaisanterie a tout de même coûté à la commune 80 000 Euros (dont 34 000 pris en charge par la préfecture). On peut donc calculer que pour une commune de 26000 habitants comme Sucy-en-Brie, il faudrait 260 caméras pour atteindre le même ratio d'une caméra pour 100 habitants.  Le coût d'un tel équipement équivalent serait de plus d'un demi-million d'euros au bas mot. Peut-être même faudrait-il davantage de caméras, car la population de Sucy-en-Brie est provisoirement plus jeune que celle de Chazey d'Azergues et comporte beaucoup d'écoles maternelles et primaires, sans parler des collèges et du lycée... Mais il est vrai que les crèches sont en nombre insuffisant donc on pourra économiser un peu de ce côté là ! Tout ça ne vous rappelle rien ? Allons, un petit effort de mémoire et vous reconnaîtrez certainement les personnages de cette série culte de la BBC :

Comment organiser la résitance face aux dérives  sécuritaire de la vidéosurveillance en Ile de France ?

La première chose à faire est de s'informer et de constituer un dossier sur la vidéo surveillance, son efficacité supposé, les intérêts économiques qui sont derrières, les formes légales de résistance (via la CNIL, notamment), etc. Le document le plus utile pour amorcer la réflexion est le dossier de 4 pages mis au point par la Ligue des Droits de l'Homme et RAVIF (Réseau Anti Vidéo Surveillance en Ile de France).

Cliquez ici pour télécharger le document au format PDF.

Conclusion : ne pas se résigner !

Un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et finit par  perdre les deux (Benjamin Franklin)

Les membres du parti socialiste condamnent mollement les dérives sécuritaires de l'Etat UMP, mais installent des caméras dans de nombreuses villes qu'ils dirigent, notamment à Paris. Les membres du mouvement Europe-Ecologie Les Verts doivent clairement affirmer leur différence sur ce dossier et avoir le courage de ne pas faire la politique des sondages (cf. vote du conseil Municipal de Sucy-en-Brie en Décembre 2010 où seule l'élue Verte s'est opposée au lanement d'une étude d'implantation des caméras de vidéo-surveillace, tandis que le parti socialiste s'abstenait). Que les citoyens veuillent plus de sécurité est une chose. Qu'ils soient près à sacrifier leur liberté en est une autre. Les caméras de vidéo surveillance ne sont ni efficaces, ni utiles. Il faut s'y opposer résolument et expliquer pourquoi nous le faisons.

Claude Grasland

Europe-Ecologie/ Les Verts, Sucy en Brie

06 février 2011

Nous sommes tous des Arabes Tunisiens !

En écho aux étudiants de Mai 1968 qui défilaient en scandant "Nous sommes tous des juifs Allemands !" après l'arrestation de Daniel Cohn-Bendit, nous devons affirmer aujourd'hui notre solidarité avec les jeunes tunisiens et, plus important, apprendre d'eux comment résister à la résignation sécuritaire et à l'injustice économique.

Article original publié sur le Blog EELV Haut Val de Marne

  • Leçon tunisienne n°1 : Pauvreté, jeunesse et injustice forment un coktail explosif

La première leçon à retenir de la révolution tunisienne nous vient de Sidi-Bouzid, point de départ de la révolte tunisienne. Comme on peut le voir dans l'analyse détaillée de la crise tunisienne qui a été publiée par le CIST (Une cartographie géomédiatique de la crise tunisienne) et par le journal Libération (Tunisie, une révolution en marche), le point de départ de la révolution tunisienne se situe dans les trois régions de Kasserine, Kairouan et Sidi Bouzid qui ont comme points communs :

  • Une très forte proportion de jeunes de 15 à 25 ans.
  • Un fort taux de chômage et de faibles revenus.
  • Un sous-équipement en matière de services publics.

Intéressant, non ? Puisque voici précisément le portrait robot de ce que nos gouvernants et leurs amis journalistes formés à Science Po appellent les "Banlieues" ou les "Cités". Lorsque l'on examine les données sociales et économiques des quartiers du Val de Marne (Cf. Atlas du Haut Val de Marne), on retrouve des écarts qui sont comparables à ceux observés entre régions tunisiennes. Or, on ne doit pas oublier que  jeunesse, pauvreté et injustice forment un cocktail explosif qui peut être le point de départ des révolutions.

Pour plus de détail, Cf. Article du Blog EELV Sucy-en-Brie : Une typologie socio économique des quartiers du Val de Marne

  • Leçon tunisienne n°2 : Une dérive sécuritaire organisée au profit des privilégiés du régime

La seconde leçon qui nous vient de Tunisie est le caractère illusoire et finalement fragile des dispositifs totalitaires de surveillance des populations, qu'ils soient fondés sur la répression policière, le contrôle de la presse ou l'intimidation des gêneurs.   A l'heure où les communes françaises se couvrent de caméras de vidéo-surveillance et où l'état UMP multiplie les annonces sécuritaires, au point de remettre en cause les fondements de la république, la révolution tunisienne apporte un peu d'air frais et disperse les relents nauséabonds de la politique de répression sécuritaire de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et Eric Besson.

Ce que nous apprend la Tunisie, c'est tout d'abord le lien étroit qui existe entre l'importance du dispositif sécuritaire et le développement de la corruption et du népotisme  à la tête de l'État. Plus la politique menée apparaît injuste et de nature à servir uniquement les intérêts d'un petit clan de privilégiés, plus il est nécessaire d'alourdir le dispositif répressif et sécuritaire et de développer, au delà des formes normales d'autorité (Police, Armée) des milices privées ou des services secrets parallèles.

 

Territoires de refuge des privilégiés du régime et zones de spéculation effrénée : Carthage-Le Lac-Sidi Bousaïd                            Neuilly-Auteuil-Passy

  

A nouveau, le  parallèle s'imp ose avec une France qui a vu exploser parall éleme nt les inégalités sociales et les sociétés de sécurité ou de vidéo surveillance. Sans parler de ces communautés de privilégiés qui se regroupent géographiquement pour mieux se protéger et éviter de croiser le regard des victimes de leur injustice. Le triangle Neuilly-Auteuil-Passy, n'est pas sans rappeler le triangle Carthage-Sidi-Bouzid-Le Lac ...

  • Leçon tunisienne n°3 : L'alliance des intellectuels et des prolétaires, des politiques et des associatifs

La troisième leçon de la révolution tunisienne, sans doute la plus importante pour un mouvement politique expérimental comme Europe-Ecologie/ Les Verts, c'est la réalisation improbable et pourtant combien riche et efficace d'une alliance entre les prolétaires de l'intérieur et les intellectuels de la côte, les militants syndicalistes et politiques des bastions ouvriers et ceux des associations de droit de l'homme ou d'environnement.

L'histoire n'est certes pas encore terminé et, dans la Tunisie de 2010 comme dans la France de 1789, on peut toujours craindre qu'une révolution d'origine populaire soit finalement confisquée par une bourgeoisie ambitieuse ou une élite technocratique ... Ce n'est pas par hasard si les habitants de Sidi Bouzid ou de Kasserine sont "montés à Tunis" dans les jours qui ont suivi le renversement du régime Ben Ali pour défendre "leur" révolution et s'assurer que les bénéfices en seraient partagés équitablement par tous.

Il n'en demeure pas moins vrai que la révolution tunisienne a été une œuvre partagée où les étudiants des villes côtières ont repris et amplifié grâce à toutes les ressources d'internet et de la blogosphère le mot d'ordre lancé par leurs frères moins fortunés des villes de l'intérieur. Il est vrai également que, sans la mobilisation du syndicat tunisien UGTT, moins inféodé qu'on aurait pu le croire au parti au pouvoir, la mobilisation ne se serait pas propagée aussi rapidement aux villes ouvrières de Gasfa et  Bizerte ou aux grandes métropoles de Sfax, Sousse et Tunis.

Et on aura garde enfin d'oublier l'action de toutes les associations durement réprimées sous le régime Ben Ali de défense des droits de l'homme et de l'environnement, pour ne citer que celles-ci. Car le tourisme en Tunisie n'est pas seulement une industrie hautement rentable, c'est aussi un facteur de dégradation des milieux (bétonnage de la côte, épuisement des ressources en eau de l'oasis de Tozeur) et un mode de développement à bien des égards injuste (confisqué par les plus riches et les membres du clan au pouvoir) et surtout non durable.

Le golf de Tozeur : un scandale absolu dans une région aride où la nappe phréatique est en voie d'épuisement

 

  • Conclusion : Indignons nous !

La Tunisie nous apprend finalement que le principale danger qui menace la société française est la résignation et le repli sur soi. Au nom d'une supposée menace islamiste, on a justifié pendant des années l'injustifiable et soutenu au sud de la Méditerranée des régimes corrompus et brutaux. Il est temps de retourner le miroir et d'observer la sombre  fin de règne de Nicolas Sarkozy à la lumière de la révolution de Jasmin.

Qu'attendons nous pour suivre l'exemple de la Tunisie ?

Claude Grasland

Militant Europe-Ecologie/ Les Verts (Sucy-en-Brie)

 

  

23 janvier 2011

Atlas du sud-est du Val de Marne (7 et fin) : Typologie socio-démographique des quartiers du Val-de-Marne

Nous terminons (provisoirement ?) la publication des planches de l'Atlas du Sud-Est du Val-de-Marne en vous proposant une carte de synthèse des différences sociales et démographiques des quartiers du Val-de-Marne. C'est l'occasion de souligner l'originalité du quart sud-est du département, marqué notamment par la dépendance automobile.


1. Cinq critères pour une synthèse

Nous proposons d'établir une classification sociale et démographique des quartiers du Val-de-Marne à partir des cinq critères suivants, obtenus sur le site de l'INSEE et analysés plus en détail dans les chroniques précédentes de l'Atlas.

  • Le taux de chômage (CHOMAGE) constitue le premier critère retenu. Il a fait l'objet d'une analyse détaillée par âge et par sexe  (Atlas 4 : la vulnérabilité face au chômage).
  • Le nombre de personnes par ménage (LOGEMENT) n'a pas été étudié directement dans les chapitres précédents, mais il constitue un critère essentiel de différenciation des quartiers du Val de Marne puisqu'il mesure à la fois l'ancienneté du bâti (les logements anciens étaient plus petits que les logements modernes) et le vieillissement des habitants (les ménages avec enfants et les célibataires).
  • Le nombre moyen d'automobile par ménage (AUTOMOBILE) permet de mesurer à la fois le revenu des habitants mais aussi et surtout la disponibilité de transports en commun à proximité. Il a fait l'objet d'une analyse détaillée (Atlas 3 : la dépendance automobile)
  • Le revenu médian par unités de consommation (REVENU) est le critère le plus direct de mesure des inégalités sociales. Il a été étudié dans la première chronique de l'Atlas (Atlas 1 : les revenus par quartiers et communes en 2007)
  • L'âge moyen des habitants (AGEMOY) est enfin le critère le plus simple pour exprimer le degré de vieillissement des habitants, même s'il manque des nuances qui ont été détaillées dans l'analyse plus approfondie (Atlas 5 : Vieillissement, retraite et dépendance).

Nous n'avons en revanche pas retenu le critère du nombre d'emplois par habitant qui avait fait l'objet de l'une des premières chroniques (Atlas 2 : emplois et actifs) car il concerne davantage l'économie des communes que les caractéristiques socio-démographiques des habitants. 

Le tableau de données décrivant les 500 et quelques quartiers du Val-de-Marne a été complété pour estimer une dizaine de valeurs manquantes relatives aux taux de chômage. Nous avons pris comme estimation le taux de chômage d'un quartier voisin de la même commune ayant les mêmes caractéristiques pour les quatre autres critères. Nous avons par ailleurs éliminé tous les quartiers industriels comportant moins de 500 habitants car ils présentaient souvent des valeurs aberrantes, en raison du faible nombre de personnes présentes. Ces quartiers apparaissent en gris sur les cartes.

2. Sept grands types de quartiers

Une méthode statistique simple et robuste, appelée classification ascendante hiérarchique (critère de Ward) permet de regrouper les quartiers qui se ressemblent pour les critères retenus. Sans entrer dans trop de détails techniques, on peut dire que la méthode va analyser les spécificités de chaque quartier par rapport au profil moyen du Val-de-Marne, puis regrouper les quartiers ayant les mêmes écarts positifs ou négatifs à cette moyenne départementale. Le choix du nombre de classe dépend de la qualité du résumé que l'on veut obtenir, sachant qu'il faut trouver un bon compromis entre un nombre de classes trop élevé (précis mais peu synthétique) ou trop faible (synthétique mais peu précis). Ici, le choix de 7 classes apparaît le meilleur pour résumer les traits essentiels des oppositions entre les quartiers du Val-de-Marne. Une fois réalisée la typologie, on peut présenter dans un tableau le profil moyen de chaque type.

 

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Ce tableau indique par exemple que les quartiers de type A.1 (Bois l'Abbé) se caractérisent par un taux de chômage de 15%, un nombre moyen de 3 personnes et 0.75 automobiles par ménage, un revenu médian de 11733 euros par unité de consommation et un âge moyen des habitants de 34.1 an. Pour faciliter l'interprétation de ces chiffres, il est pratique de les standardiser afin de les comparer à la valeur moyenne du Val-de-Marne et à la variation des valeurs autour de cette moyenne.

Valeur standardisée = (valeur de départ - moyenne) / écart-type

Cette valeur standardisée est en général comprise entre -2 et +2. Elle exprime la distance à la moyenne du département mesurée en écart-type. On peut facilement l'interpréter à l'aide de la grille de lecture suivante :

  • -2 : très faible
  • -1 : faible
  • 0 : moyen
  • +1 : fort
  • +2 très fort

 

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Si on examine à nouveau la situation du type A.1 en valeurs standardisées, on voit beaucoup plus facilement l'originalité de quartiers qui sont caractérisés par un très fort taux de chômage (+1.4) et un nombre élevé de personnes par logement (+1.6). Il s'agit d'une population relativement jeune (-1.2) mais à très faible revenus (-1.5), avec un usage de l'automobile inférieur à la moyenne départementale (-0.7). 

En procédant de même pour chaque type, on saisit facilement ses caractéristiques originale par rapport au reste du département et on peut procéder à des regroupements des classes proches en types principaux (A,B,C,D) et en sous types (A.1, A.2, B.1, B.2, C, D.1, D.2).

3. Une géographie sociale du Val-de-Marne


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  • Les quartiers récents, pauvres et à population jeune (type A) se concentrent dans des zones de grand habitat collectif récent situées à une dizaine de kilomètres de Paris. Ils couvrent parfois des zones étendues (Valenton-Villeneuve) mais le cas le plus fréquent est l'apparition d'enclaves situées en marge des communes ou à cheval sur les frontières de celles-ci (ex. entre Bonneuil et Créteil). On peut distinguer un sous-type "Bois l'Abbé" (A.1) à très faible revenu et très fort taux de chômage et un sous-type "Mont-Mesly" (A.2) avec une situation plus proche de la moyenne départementale sur les deux critères.
  • Les quartiers mixtes à urbanisation ancienne (type B) se situent aux abords immédiats de Paris et correspondent à une étape plus ancienne de l'urbanisation du Val-de-Marne, avec une forte composante de maisons individuelles ou de petits habitats collectifs. Il s'agit d'anciens quartiers ouvriers qui gardent pour certains une composante populaire avec taux de chômage élevé  (sous-type B.1 "Ivry") et pour d'autres un profil plus moyen (sous-type B.2 "Saint-Maurice").
  • Les quartiers d'habitat individuel situés en marge de l'agglomération (type C) correspondent à la vague la plus récente d'urbanisation liée à l'automobile. Il s'agit évidemment des lotissements qui se sont développés entre les grandes lignes de transport en commun, produisant un mitage des espaces ruraux ou naturels. Si le fort taux de motorisation constitue sa caractéristique première, ce type se marque aussi par des revenus assez élevés, un faible taux de chômage et un vieillissement relativement élevé de la population. On peut le caractériser de type "Marolles", cette commune étant un exemple caricatural d'urbanisation d'un ancien village agricole par des lotissements desservis par automobile.
  • Les quartiers riches à population âgée (type D) se concentrent autour du bois de Vincennes et des boucles de la Marne, ainsi que dans quelques localisations plus isolées. On y distingue un sous-type "Vincennes" (D.1) caractérisé par un urbanisme dense de type parisien et une relative mixité, par opposition à un sous-type "Saint-Maur" (D.2) qui est beaucoup plus marqué par l'habitat en grandes maisons individuelles et une ségrégation sociale nettement plus accentuée. Les deux types se différencient également par l'usage beaucoup plus élevé de l'automobile dans le type D.2 que dans le type D.1. Outre leur revenus très élevés, ces deux types de quartiers se caractérisent par un très fort vieillissement de leurs habitants.

4. Zoom sur le sud-est du département

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La communauté de communes du Haut-Val-de-Marne se caractérise de prime abord par l'importance fondamentale des quartiers de type C à forte dépendance automobile. Il n'est finalement guère surprenant à la lumière de cette carte de voir que le débat public tourne de plus en plus autour des embouteillages, des risques d'accidents, des insuffisances des transports en communs ... bref de tous les désagréments provoqués par cette très chère automobile (Cf. article "Des barbelés sur la prairie : comment Sucy et Saint-Maur ferment leurs frontières").

Mais elles se caractérisent également par sa situation périphérique par rapport au pôle de richesse de Saint-Maur qui suscite à la fois envie et complexe chez les édiles locaux. A Chennevières comme à Sucy-en-Brie, quelques quartiers présentent des caractéristiques sociales et démographiques analogues à celles de Saint-Maur et leurs habitants réclament des politiques analogues à celle de la grande ville bourgeoise voisine (cas typique de la vidéosurveillance), oubliant que leur commune est autrement diverse et surtout moins coupée du reste du monde par la Marne que Saint-Maur !

Inversement, les communes du Haut-Val-de-Marne comportent des quartiers récents, pauvres et à population jeune, situés le plus souvent en marge à la fois sur le plan politique et géographique.  Généralement trop peu nombreux pour faire basculer des majorités municipales solidement ancrées à droite, les habitants de ces quartiers servent en quelque sorte d'alibi social à des communes qui remplissent tant bien que mal les critères de la loi SRU (20% de logement social) mais se désintéressent ensuite le plus souvent de ces zones qui votent mal et surtout qui votent peu (fort taux d'abstention). Il suffit de superposer la carte des équipements collectifs sur la carte de typologie sociale des quartiers pour comprendre à qui vont en priorité les investissements communaux. Aux quartiers chics les salles de danse ou de judo, aux quartiers pauvres la vidéo-surveillance ...

5. Quelle stratégie pour les militants Europe-Ecologie/Les Verts dans le Haut Val de Marne?

Si l'on superposait la carte des derniers résultats électoraux d'Europe-Ecologie ou des Verts à la typologie sociale présentée ici, on constaterait que ce sont les zones de type C et D qui offrent jusqu'ici les meilleurs scores à notre parti. En d'autres termes, il y a encore beaucoup à faire pour développer une écologie sociale et solidaire qui suscite l'adhésion dans les quartiers populaires. Si nous prenons au sérieux les trois piliers du développement durable, nous avons du pain sur la planche pour militer dans chacun des types de quartier de nos communes :

  • Dans les quartiers à dépendance automobile (type C) : convaincre les habitants de renoncer progressivement à leur chère voiture pour passer aux modes de transport en commun ou au vélo.
  • Dans les quartiers populaires à fort taux de chômage (type A) : convaincre les habitants que l'écologie politique c'est aussi la solidarité, que la nourriture biologique n'est pas réservée aux bobos, que les économies d'énergie peuvent alléger leur budget, ...
  • Dans les quartiers riches et vieux (type D) : convaincre les habitants que l'on emporte pas son argent dans la tombe et que le partage collectif offre autant de charmes que la possession privée.

C'est curieux, je sens bien les deux premières stratégies mais pas trop la dernière ;-)

Claude Grasland
Militant Vert, Sucy-en-Brie

23 décembre 2010

Big brother will be watching you. Ou le tour du dernier conseil municipal en trois points

Où l' on voit que choisir entre énergies renouvelables et surveillance ne va pas de soi

Comme nos lecteurs habituels le savent déjà (cf article précédent "Impôts locaux, Sucy monte sur le podium"), les finances de Sucy sont obérées par une dette liée à la gestion précédente.
Il faut donc faire des choix. Et plutôt que des investissements rentables comme les panneaux solaires qui garantiraient l' indépendance énergétique de la nouvelle école de la Cité Verte, Madame la Maire  préfère investir dans l' impression de sécurité grâce à une étude en vue d' équiper la ville de caméras de surveillance.
Même si le coût de l' énergie augmentait, et si, en raison de la réforme de la taxe professionnelle, les revenus de la ville diminuaient, installer des panneaux solaires alimentant le chauffage de l' école permettrait de garantir une température constante pour les enfants en économisant le coût du chauffage.
Je travaille dans un collège dont le parking à vélos est régulièrement visité. Une caméra qui a coûté 7.600 euros est reliée à un écran situé dans la loge de la concierge, qui part du principe que surveiller les vélos des gamins ne fait pas partie de son travail. En cas de vol, les surveillants sont donc contraints de visionner les bandes vidéo, au détriment de la gestion des absences des élèves, de l' organisation de la permanence et de la demi-pension. Pour voir quoi ? Des voleurs qui connaissent leur boulot, et se cachent donc le visage...
Bref, 7.600 euros ont été dépensés en pure perte.
A Paris, la municipalité a payé une étude (80.000 euros) et l' installation de 15 caméras (300.000 euros) si l' on en croit le journal Le Monde (20/3/2010). On ne sait pas à combien va se monter le coût de l' entretien des dites caméras (une caméra gênante, ça peut se détruire).
Selon Madame Ciuntu, les villes environnantes l' ont fait : Sucy doit le faire. Mais ce n' est pas parce qu'une ... ânerie est faite à plusieurs que cela cesse d' être une ânerie !

Photo 1: Le conseil municipal adopte le projet d'étude d'installation des caméras de sécurité  par 30 voix pour (UMP et liste Spido) , 4 abstentions  (PS) et 1 voix contre (la mienne ...)

howlibertydies

"C'est donc ainsi que la liberté s'éteint, sous une pluie d'applaudissements ..."

Une caméra a été installée au Rond d' Or. Elle a permis de déplacer le lieu d' un commerce non soumis à la patente et fort discret qui s' y déroulait. Pas de le supprimer !  Et l' installation de la police municipale, de jeux d' enfants permettant la venue des assistantes maternelles , et de divers services municipaux dans ce lieu a vraisemblablement fait plus pour la tranquilité des riverains qu'une caméra.
On peut craindre que la pose de caméras en vue des bijouteries de Sucy déplacera les problèmes vers des boulangeries plus isolées... et donc que la pose de caméras supplémentaires sera nécessaire. Avons-nous vraiment les moyens de ces dépenses, sachant que les Sucyssiens sont déjà surimposés ?

Où santé et intérêt industriel entrent en compétition

L 'insécurité peut être beaucoup plus insidieuse. L' installation de la société Eiffage, qui fabriquerait des enrobés à l' aide d' un four à lignite en est une bonne illustration. Le site serait installé sur deux hectares au Port Autonome de Bonneuil et le code de l' Urbanisme contraint Monsieur le Préfet à demander l' avis des communes limitrophes. Les habitants de Sucy, vivant à l' Est de cette implantation, sous les vents dominants, doivent être vigilants.
La lignite est un carburant bon marché. Mais la société qui désire utiliser cette source d' énergie est en bonne santé financière. Par contre, le coût en terme de pollution n' est pas anodin, à deux titres :

  1. sa combustion libère 3,25 tCO2/Tonne équivalent charbon contre 1,50 tCO2/Tonne équivalent charbon pour le gaz. Pourquoi majorer les émissions de gaz à effet de serre ?
  2. Elle libère également du NO2 , du SO2 et des particules fines. Une étude récente effectuée à Montréal, dans le service du Docteur Goldberg de l' Université Mac Gill et de l' Université de Montréal (Dre France Labrèche) a mis en évidence un lien entre pollution atmosphérique, en choisissant le NO2 comme marqueur, et cancer du sein chez les femmes après la ménopause. Le dioxyde d' azote (NO2) n' est peut-être qu' un marqueur de la pollution et le vrai responsable est peut-être une autre molécule. Mais pourquoi implanter une industrie aussi polluante dans un tissu urbain aussi dense que la région parisienne ?

Autoriser l' implantation de cette usine entre en contradiction avec

  • Le Grenelle de l' Environnement (engagement N° 150)
  • Le Plan de Protection de l' Atmosphère en Ile de France, signé le 7/7/2006
  • Le Plan Régional pour la Qualité de l' Air signé le 26/11/2009.

trois bonnes raisons pour que Monsieur le Préfet ne donne pas son aval. Alors pourquoi nous demande-t-il notre avis ?

Suite à mon intervention, le conseil municipal a décidé non pas d' accepter d'abord puis de demander une étude mais de demander une étude avant de donner son accord.

Où le projet de Plan Local d' Urbanisme montre ses failles

Mais le développement durable n' a pas encore gagné... J' en veut pour preuve que le sommaire du projet de PLU indique un paragraphe pour le  Plan Bleu alors qu'  il a été déplacé ailleurs sans que personne ne le remarque et que l' agenda 21 n' apparaît pas ou peu dans le projet de PLU. Alors que Mesdames Felgines (absente lors du conseil municipal) et Westphal devraient signer de façon conjointe ce document.

Dans le PADD, document auquel le Plan Local d' Urbanisme actuellement en voie d' élaboration est lié, il est spécifié que l' on devra faciliter les échanges et donc les transports en commun. Alors pourquoi ne pas profiter du remaniement lié aux nouvelles constructions construites à l' emplacement de l' ex-commissariat pour installer un début de transport en site propre pour les bus couplé à une piste cyclable ? Parce que cela supprimerait 20 logements a répondu Madame la Maire. Les intérêts des promoteurs doivent-ils toujours primer ?

Les péripéties de la circulation dans les Bruyères montrent à l' évidence que si l' on veut que les Marollais abandonnent leurs véhicules (deux en moyenne par foyer) il ne faut pas diminuer le nombre de bus comme cela se fait actuellement mais réfléchir à l' installation d' une vraie voie non liée à une dérogation sur le chemin forestier de Marolles. Le problème est constitué par les fossés de drainage, qui encadrent cette voie. C' est possible : à Bonneuil une cité a été construite dans un marécage, à côté de l' IUFM. Il est clair que les fonds ne peuvent pas dépendre que des mairies de Sucy et de Marolles. Mais si personne ne motive la Région ou le Conseil général...

Dans les objectifs du PADD figure le développement du quartier de la Gare et du Centre Ville. Dans la Plaine, il existe trois ZAC : le petit Marais, les Petits Carreaux et les Portes de Sucy. Et puis dix hectares qui ne portent même pas de nom. Mais qui vont devenir fort intéressants quand ils seront reliés par le RER A, Arc Express et le TCSP au reste de l' Ile-de-France. Alors, au lieu de se replier frileusement sur des histoires de caméras inefficaces, si on inventait un quartier tout neuf ? On pourrait commencer par inventer un nom et l' écrire sur le PLU...

Sylvie Grasland-Deslot, Conseillère municipale

12 décembre 2010

Agir pour le climat : faire son bilan carbone individuel ...

Pour fêter le succès relatif du sommet de Cancun, pourquoi ne pas essayer de faire un petit geste pour l'environnement en calculant son bilan carbone individuel, puis en se demandant comment l'améliorer. Penser globalement et agir localement, quoi ...

"C'est l'histoire d'un mec ... qui veut calculer son bilan carbone". Disons le tout de suite, il y a des aspects assez comique dans les calculateurs d'empreinte carbone et il faut avoir la foi du militant pour ne pas se laisser désarçonner par la longueur des questionnaires et par la contradiction apparente entre les résultats. Coluche en aurait tiré un sketch comique...

L'ADEME
est le point de départ obligé du parcours du militant. Après quelques clics de souris, on finit par trouver la page "Testez-vous" qui propose des liens vers plusieurs sites permettant de calculer son empreinte carbone. Jusqu'ici tout va bien, mais lequel choisir ...

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A. "BILAN CARBONE PERSONNEL" : PRECIS MAIS COMPLIQUE

Bilan Carbone Personnel paraît le plus sérieux et, de fait, on n'est pas déçu du voyage tant le questionnaire est austère, long et difficile à remplir...

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Après plus d'une demi-heure d'effort, je finis par apprendre que mon empreinte carbone est de  "2971 kilogrammes équivalent Carbone, avec une incertitude de : 33 %. Cette quantité est équivalente à la quantité de gaz à effet de serre émise par une voiture de faible puissance effectuant un trajet de : 54 012 kilomètres". On me précise que :

  • Ceci prend en compte uniquement vos émissions individuelles (et non celles des éventuelles autres personnes qui partagent votre foyer).
  • Ceci ne prend pas en compte les émissions associées à l'ensemble des services publics dont vous pouvez bénéficier en tant que citoyen.
  • A l'exception des trajets domicile-travail, ceci ne prend pas en compte les émissions engendrées par votre activité professionnelle (par exemple le chauffage de votre bureau si vous travaillez dans un bureau).
  • Le total des émissions annuelles d'un français moyen (obtenues en divisant le total des émissions annuelles nationales par le nombre d'habitants, en prenant donc en compte l'ensemble des émissions de tous les secteurs d'activité du pays) s'élève à : 2 800 kg equ. C par an.

Un graphique accompagne le bilan qui m'est remis en PDF et je découvre avec horreur que c'est ma consommation de boisson qui semble plomber mon empreinte carbone. Diable ... moi qui ne boit pas d'eaux minérales, je ne m'attendais pas à me fait taper sur les doigts pour quelques verres de vins ou de bière qui semblent avoir un impact écologique terrible. Saint Borloo priez pour moi ... à moins que je n'ai mal répondu et donné ma consommation hebdomadaire de vin en lieu et place de ma consommation journalière ?   

Bon, de toutes façon je ne recommence pas car cet outil est vraiment trop compliqué d'usage et il n'intéressera que les fanatiques de (fausse ?) précision. Le site précise d'ailleurs qu'il s'agit d'une version bêta 1.1 en cours d'amélioration ...

B. "CLIMACT" : RAPIDE MAIS LIMITE

Climact est à peu près l'opposé de Bilan Carbone Personnel. L'ergonomie est assez agréable et même si le questionnaire est assez long, il est facile d'y répondre grâce à des menus déroulants simples. Il ne me faut cette fois-ci que 10 à 15 minutes pour effectuer mon bilan contre près de 30 minutes avec Bilan Carbone Personnel. Il est toutefois juste de dire que les questions sont à peu près les mêmes et que le fait d'y avoir réfléchi une première fois permettait d'aller plus vite.

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Il y a en tout 24 écrans à remplir et sur certains on me propose des engagements destinés à réduire à l'avenir mon empreinte carbone. C'est intéressant car cela permet lors d'une deuxième visite d'examiner quels sont les gestes que l'on pourrait faire. Je note tout de même avec un peu d'agacement qu'il n'est pas possible de revenir en arrière une fois qu'on a terminé un écran. A moins que j'ai raté une commande, il faut recommencer à zéro lorsque l'on s'est trompé ...

Ce qui est tout de même inquiétant c'est qu'un fois terminé le test avec Climact, je me retrouve à la tête d'une empreinte carbone personnelle de 5 800 kg de CO2 auquel on me dit que je dois ajouter environ 2000 kg liés aux infrastructures collectives françaises. Bref, Climact me donne une empreinte deux fois plus élevées que Bilan Carbone Personnel, tout en me précisant que je suis à peu près dans la moyenne française. Je constate toutefois qu'en indiquant les gestes que je fais où que je compte faire pour modifier mes habitudes, mon bilan tombe à 4400 kg de CO2 par an au lieu de 5800, ce qui me vaut les félicitations de l'ADEME ("Bravo, vous êtes un écocitoyen, faites école autour de vous,  etc..."). 

Les différences de résultat entre Climact et Bilan Carbone sont tout de même inquiétantes et agaçantes  (variation du simple au double) car on se demande évidemment d'où elles viennent et si les tests propsoés sont réellement sérieux !

C. COACH CARBONE : LE PLUS PEDAGOGIQUE ET LE PLUS ERGONOMIQUE

Coach Carbone est à mon avis le plus intéressant des trois, parce qu'il possède de loin l'interface la plus agréable tout en étant très précis dans les question et très développé en ce qui concerne la mise en place de résolution et de plans d'actions pour réduire son empreinte carbone personnelle.

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Je suis tout de même perturbé de voir qu''il aggrave encore mon empreinte carbone qui atteint cette fois-ci le niveau record de 15 tonnes de CO2 par an (tout en m'indiquant que je suis comme pour Climact dans la moyenne nationale). Et puis, il apparaît cette fois-ci que c'est mon habitat et non pas mon alimentation qui est responsable de la plus grande partie de mon empreinte carbone. Je peux donc continuer à boire un petit verre de vin ou deux par jour mais il va falloir sérieusement me pencher sur l'isolation de la maison ... 

Plus sérieusement, le gros intérêt de "Coach Carbone" est de produire un plan d'action simple et précis qui tient sur une page recto-verso et comporte des conseils simples et pratiques. A la différence de Climact, il est possible de ne remplir qu'une partie du questionnaire à la fois (habitat, alimentation, transport ou équipement) et de sauvegarder les résultats pour suivre leur évolution au cours du temps.

CONCLUSION : INTERET ET LIMITE DES CALCULATEURS CARBONE PERSONNELS

Au terme de cette première expérience des calculateurs carbone personnels, force est de reconnaître que le bilan est mitigé.

Les principaux points négatifs sont :

  • l'incroyable variété des résultats, tant en terme d'empreinte carbone totale (de 2 à 15 tonnes) qu'en terme de ventilation de ceux-ci par poste (maison, alimentation, équipement, ...)
  • la longueur du questionnaire et la difficulté pour y répondre (même si on peut demander une évaluation par défaut).
  • le doute sur la fiabilité des résultats
  • le doute sur l'usage de ces outils au delà des écolos Bac+40

Les points positifs quant à eux sont :

  • la présence d'explications pour comprendre le rôle de chaque action dans le bilan carbone individuel
  • la proposition de plans d'action et d'outils de simulation permettant d'évaluer leur impact sur la réduction des émissions de CO2
  • la prise en compte des coûts des actions à court terme et de leur bénéfice, y compris économique à long terme.

Au total, je recommande à chacun d'expérimenter par lui-même au moins un ou deux de ces outils pour se faire une opinion. Et je conseille de commencer par Coach Carbone qui me semble à titre personnel le plus abouti.

Claude GRASLAND

Militant Europe Ecologie / Les Verts, Sucy-en-Brie

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09 décembre 2010

samedi 11 décembre à 11h : rassemblement devant la mairie du comité de soutien aux roumains de Sucy

Depuis 2 semaines, malgré leur expulsion, les roumains sont à l’abri à Sucy mais cette situation n’est que provisoire et se pose maintenant pour eux le problème du travail puisqu’ils n’ont plus de terrain pour trier .

Vous savez qu’ils vivent de la valorisation de la ferraille qu’ils ramassent. Pour cela ils ont besoin d’un terrain pour faire le tri et ainsi revendre à meilleur prix pour faire vivre leur famille.

Le toit est pour l’instant provisoire et nous travaillons à une solution durable mais sans la mairie ce sera difficile.

La porte n’est pas close, les contacts multipliés ont permis d’assurer la crédibilité de notre comité et il faut du temps pour que les élus cheminent aussi ainsi que l’opinion. Les contacts sont multipliés à l’extérieur auprès d’associations. Nous avons ces derniers jours mis en place la vie au chaud (douches lessives, vie communautaire et gestion du quotidien), maintenu la scolarité des enfants, apporter un soutien aux familles et continuer les démarches pour l’aide médicale d’état ainsi que les sons médicaux.

Mais cela ne suffit pas, il nous faut le soutien de tous pour montrer une fois de plus notre détermination à la mairie, le nombre  grandissant de sucyssiens se sentant concernés, notre détermination à faire bouger les mentalités, à refuser l’intolérable et le rejet des personnes et à demander la mise en place d’un groupe de travail pour leur venir en aide, leur permettre de se loger, de s’intégrer à notre pays auquel ils apportent leur richesse et  leur travail.

Nous remercions chacun pour ce qu’il a déjà fait auprès d’eux, on peut être actif de différentes façons, faire une lessive mais aussi rétablir la vérité lorsque des mensonges circulent, prendre le temps de dire ce qui est fait pour petit à petit permettre à chacun de cheminer avec ses questions,  modifier son regard, cela aussi est important ! merci à vous, ces relais précieux dont les roumains ont besoin !

Alors nous vous demandons encore une heure de votre temps, samedi matin à 11H devant la mairie, un temps pour dire notre détermination et surtout soutenir les familles !

Nous pouvons réussir un projet, cela a été possible dans d’autres communes, alors ensemble ce sera possible à Sucy

Nous vous donnons rendez vous samedi, prenez vos gants  et une bonne paire de chaussettes, les thermos seront les bienvenues !!!

 

Merci de faire suivre à vos contacts, nous avons à transmettre pour que les yeux s’ouvrent !

On compte sur vous !!!

LE COMITE DE SOUTIEN DES ROUMAINS DE SUCY VOUS INVITE AU

RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITE

 

Le Samedi 11 décembre 2010 à 11 heures devant la mairie

Après leurs expulsions, le comité de soutien aide les familles au quotidien. Il recherche activement une solution pour leur mise à l’abri.

C’est pourquoi il demande la mise en place d’un groupe de travail avec la mairie.

VENEZ NOMBREUX !

Après le rassemblement, possibilité de se retrouver à la Fête des Solidarités à la Salle des Familles.

http://www.cg94.fr/fds-sucy-noiseau

soutienauxroumainsdesucy@gmail.com

Poster Par Frédéric BRAND pour le Comité de Soutien aux Roumains de Sucy

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05 décembre 2010

Impôts locaux : Sucy-en-Brie monte sur le podium ...

D'après une enquête sur 451 villes,  Sucy-en-Brie occupe désormais la 3e place des villes les plus imposées de France. Mais l'écart est encore plus saisissant quant on examine la situation par rapport aux autres villes du Val-de-Marne. Sucy-en-Brie apparaît ici en première place, loin devant Saint-Maur-des-Fossés ...

1. Sucy-en-Brie, médaille de bronze du championnat de France des impôts locaux

Selon une dépêche de la revue Capital.fr intitulée "La flambée des impôts locaux dans 451 villes de France", la commune de Sucy-en-Brie se rapproche du record de France en matière d'imposition fiscale. Pour les 451 villes étudiées, la pression fiscale moyenne en 2010 était de 1612 € par habitants. "La palme de la plus forte hausse en 2010 revient à Ajaccio (+ 14,6%), suivie de Savigny-sur-Orge (+ 12,4%) et de Lens (+ 10,1%). Mais celle de la facture la plus salée est pour Yerres (2.678 euros), talonnée par Sceaux (2.610 euros) et Sucy-en-Brie (2.581 euros)".

 

L'article est accompagné d'un tableau interactif où l'on peut classer les villes soit par niveau d'imposition, soit par l'évolution des impôts locaux sur un an ou sur dix ans. Voici le résultat obtenu si l'on classe les villes françaises par niveau d'impôts décroissant :

 

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Source : F. Cazeneuve, La flambée des impôts locaux dans 451 villes françaises, Capital.fr, 19 Nov. 2010

On notera tout de même que l'accroissement moyen des impôts dans les villes françaises a été de 2.8% entre 2009 et 2010 alors qu'il n'a été que de 2.6% à Sucy-en-Brie. Mais si l'on raisonne sur une période plus longue, on constate que l'accroissement des impôts a été à peu près le même à Sucy-en-Brie (+36.4%) et dans l'ensemble des villes françaises (+36.9%). 
Les deux villes qui précèdent Sucy-en-Brie dans le classement national ont eu des accroissements d'impôts plus faibles l'année dernière (+1.2% à Sceaux et +2.4% à Yerres) de sorte qu'il y a de bonne chance pour Sucy-en-Brie  de décrocher la médaille d'argent voire la médaille d'or des impôts en 2011 ...

2. Relation entre impôt et richesse des habitants dans le Val-de-Marne

Il faut toutefois examiner avec prudence ces chiffres et se méfier d'une revue intitulée "Capital" qui n'est pas connue pour défendre les intérêts des plus modestes. L'impôt est tout de même le principal instrument de redistribution et de justice sociale. Ce qu'il faut donc examiner ce n'est pas tant la valeur des impôts d'une commune que sa relation avec la richesse moyenne des habitants de celle-ci. Il serait parfaitement normal que les habitants de Sucy payent des impôts plus élevés que ceux d'autres communes si leurs revenus étaient plus élevés. Mais est-ce réellement le cas ?

Nous avons collecté sur le site de l'INSEE les revenus fiscaux des communes en 2007, afin de pouvoir comparer les niveaux d'imposition présentés par la revue Capital avec la richesse moyenne des habitants. L'analyse concerne les 24 villes (communes de plus de 20 000 habitants du Val de Marne).

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Ce tableau permet de mieux évaluer le caractère juste ou injuste de la pression fiscale :

  • Par exemple, il apparaît logique que les impôts locaux les plus faibles du Val de Marne se trouvent dans les communes de Vitry-sur-Seine, Orly ou Villeneuve-Saint-George (1 320 à 1 430 € par habitant)   puisque ce sont précisément les trois communes dont les habitants ont les revenus moyens les plus faibles du Val-de-Marne (15 000 à 17 500 € par unité de consommation).
  • Il est de la même manière logique de trouver des niveaux d'imposition élevés à Saint-Maur-des-Fossés, Nogent-sur-Marne ou Saint-Mandé  (2 000 à 2 100 € par habitant) puisque ces trois communes sont les plus riches  Val de Marne (33 000 à 40 000 € par unité de consommation).
  • Mais le cas de Sucy-en-Brie est tout à fait atypique puisque les habitants de cette commune ont le plus haut niveau d'imposition des villes du Val-de-Marne (2 581 € par habitants) alors même que la richesse de leurs habitants se situe à un niveau légèrement supérieur à la moyenne (27 500 € par unité de consommation). Dit autrement, Sucy-en-Brie se situe au 7e rang des villes du Val-de-Marne pour les revenus mais au 1er rang pour les impôts, ce qui n'est pas logique.

3. Evaluation statistique  de l'anomalie fiscale de Sucy-en-Brie

On peut évaluer statistiquement le montant de l'anomalie fiscale de Sucy-en-Brie en utilisant un modèle de régression qui estime la valeur moyenne de l'impôt en fonction du revenu des habitants dans les 24 communes de plus de 20 000 habitants du Val de Marne :

Impotsuscy

La droite tracée en rouge sur le graphique permet de voir quelle est la relation moyenne qui relie le revenu des habitants et leur niveau d'imposition dans le Val de Marne. Son équation indiquée dans le carré rouge nous apprend que l'impôt moyen comporte une part fixe  de 1320 Euros à laquelle s'ajoute une part variable égale  0.0212 fois le revenu moyen des habitants. Une commune dont les habitants ont un revenu de 20 000 Euros par habitant aura donc en théorie un impôt égal à 1320 + 0.0212*20000 = 1734 € par habitants. La droite tracée en rouge correspond donc au niveau "normal" d'imposition".

La commune de Sucy-en-Brie correspond au point situé le plus haut sur le graphique. Le fait que ce point soit très éloigné de la droite rouge signale l'existence d'une anomalie statistique exceptionnelle. En effet, le revenu moyen des habitants de Sucy-en-Brie étant de 27439 € par habitant, on devrait selon la droite avoir une imposition égale à 1320+0.0212*27349 = 1901 € par habitants. Or, l'imposition réelle est de 2581 €... L'imposition des habitants de Sucy-en-Brie est donc plus élevée que prévue de 680 € par rapport à la relation moyenne observée dans les autres villes du Val de Marne !  

4. Conclusion

Résumons-nous : Sucy est la ville la plus chère du Val-de-Marne en terme d' impôt local mais au septième rang en terme de richesse par habitant. Il semblerait donc normal de nous poser deux questions :

  • Un cabinet indépendant pourrait-il analyser comment la ville a géré cet argent sur les 20 dernières années ?

  • Pour un tel coût, le niveau de service public est-il plus élevé qu'ailleurs ?

Par exemple, pourquoi donc est-ce-qu' il manque toujours autant de places en crèche ? Pourquoi le développement durable n' est compris par Madame la Maire que lorsque cela signifie économie mais jamais investissement ? Pourquoi  la mise en place de panneaux solaires sur le toit du nouveau bâtiment de l' école de la Cité verte ou la création d' un voie de bus en site propre accessible aux vélos se heurtent-t-elles à autant d' obstacles ?

Jean-Paul Grange, Claude Grasland, Sylvie Grasland-Deslot

Groupe Europe-Ecologie / Les Verts, Sucy-en-Brie

28 novembre 2010

Atlas du sud-est du Val de Marne (6) : les projets de transports en commun de l'AIGP

Les communes du Haut Val de Marne sont en marges des transports en commun actuels ce qui condamne leurs habitants à l'usage de l'automobile. Quels sont les espoirs d'amélioration future ? Au delà des deux projets concurrents Arc Express et Grand Paris, il est intéressant d'examiner le projet original déposé il y a quelques jours par les 10 équipes d'architectes de l'Atelier International du Grand Paris

1. L'Atelier International du Grand Paris contre-attaque. 

  Après avoir présenté en 2009, leur vision du Grand Paris, les 10 équipes d’architectes dont font notamment partie Jean Nouvel, Yves Lion, Richard Rogers, et Roland Castro ont présenté leur futur réseau de transports en commun qui a l'intérêt de s'appuyer sur une vision complète de l'agglomération, non limitée aux transports.

A l'instar d'Arc Express, les architectes ont choisi de mettre l’accent sur l’interconnexion, en utilisant les lignes existantes et en développant le aérien, à l’instar de grandes capitales asiatiques comme Tokyo. L’objectif est de desservir tous les territoires des petite et grande couronnes, et ce grâce à la création de 3 nouvelles lignes express, pour relier 28 pôles d’échange et des gares TGV. Mais ils conservent l'idée du Grand Paris de développer un projet ambitieux qui ne se limite pas à une rocade en banlieue proche. En termes financiers, le projet proposé affirme rester dans l'enveloppe de 25 milliards qui est celle du Grand Paris, mais opte pour des solutions techniques différentes.

Parmi les originalités techniques, on notera l'idée de construire des lignes de transport au dessus des autoroutes existantes comme l'A86.

metro_aerien_A86_grand_paris

On notera également l'idée de reprendre des infrastructures existantes comme la ligne de Grande Ceinture, avec évidemment dans ce cas un risque de conflit d'utilisation entre le transport de personnes et le transport de marchandises.

2. Vision générale du projet des architectes 

metro_architectes_sans_titre

Sans analyser en  détail le projet des Architectes, on remarquera qu'il constitue à l'évidence une tentative de compromis entre les deux projets actuellement soumis au débat public, et que le calendrier choisit pour le révéler n'est pas anodin. Après avoir été consultés sans être écoutés, les 10 architectes de l'Atelier International du Grand Paris cherchent visiblement à reprendre la main. Leur projet pourrait contribuer à la synthèse finale et il vaut donc la peine d'analyser en détail son tracé dans le Val de Marne.

3. Un maillage régulier du Val de Marne ... 

Pour avoir une idée plus précise de l'impact potentiel de ce projet, nous avons numérisé la carte publiée par les Architectes et tenté de la projeter sur le fond de carte communal que nous utilisons dans les livraisons de l'Atlas du Haut Val de Marne. La précision n'est pas parfaite car la carte publiée par les architectes n'est pas très précise, mais on peut tout de même repérer assez bien le tracé par rapport aux limites de communes et à la distribution de la population par quartiers (cercles noirs proportionnels au nombre d'habitants)

grandparisvdm

Par rapport au tracé antérieur en forme de radiales partant de Paris (lignes A et C), le projet des architectes produit un maillage régulier du département sous la forme d'un "filet" qui permet de rejoindre facilement les différents pôles d'activité (Orly, Créteil, Saint-Maur, Rungis, ...). Si l'on ajoutait à la carte  les lignes de métro et les bus en site propre, on aurait un maillage encore plus fin permettant de raccorder les zones situées à l'intérieur des mailles du filet. Il y a toutefois une exception évidente à cette couverture régulière, le sud-est du département où se situe la communauté de commune du Haut Val de Marne.

4. ...  à l'exception du quart sud-est 

grandparisvdmzoom

Le zoom cartographique montre que le maillage de transport en commun proposé par les architectes s'arrêterait grosso modo au bas du plateau de Brie, laissant à l'écart toute une zone où la faiblesse de la densité de population et sa dispersion ne rendrait pas rentable le passage d'infrastructure de transports lourdes.On voit bien que les points noirs représentant la population des quartiers sont ici petits ou espacés.

Il y aurait tout de même un progrès par rapport à la situation actuelle dans la mesure où la gare de Sucy-en-Brie deviendrait une connexion majeure entre l'ancienne ligne A et la ligne de grande ceinture désormais reliée vers l'ouest à Villeneuve-Saint-Georges ou Orly et vers le Nord à Saint-Maur, Champigny et Marne-la-Vallée. Deux itinéraires au moins s'offriraient pour rejoindre Paris, ce qui réduirait la surcharge sur le tracé de l'actuelle ligne A.

La situation serait en revanche plus préoccupante pour Boissy Saint Léger puisque, dans l'état actuel du projet des architectes, le tronçon Sucy-Boissy serait une sorte d'appendice en impasse par rapport au trajet principal. Il serait alors à craindre que la fréquence des trains y soit très faible et que le rabattement s'opère directement sur Sucy ou Valenton en voiture.

En ce qui concerne Chennevières, la polarisation se ferait vers la gare de Saint-Maur-Champigny qui deviendrait le noeud majeur d'interconnexion de l'est du Val de Marne, avec pas moins de cinq directions majeures. On n'ose pas imaginer les réactions de la mairie de Saint-Maur face à une telle perspective (Cf. Article "Des barbelés sur la prairie : comment Sucy et Saint-Maur ferment leurs frontières").

Pour ce qui est du plateau Briard proprement dit, il n'y aurait finalement guère de changement et la voiture demeurerait sans doute le mode de rabattement principal. Tout au plus y aurait-il davantage de points de rabattement vers le réseau principal ce qui réduirait peut-être la congestion routière par rapport à la situation actuelle.

5. Conclusion : un projet global à forts impacts locaux

L'auteur de ces lignes étant beaucoup moins spécialiste de la question des transports que certains militants et sympathisants qui se reconnaîtront (J.-P.G., A.P.-V., H.G. ...)  nous espérons que ce billet suscitera de nombreux commentaires et éclaircissements. Il est en tous les cas certains que le projet de transport qui sera finalement adopté (Grand Paris ? Arc Express ? AIGP ? ) aura un impact majeur sur la vie des habitants des communes du Sud-est du Val de Marne. 

Claude Grasland

Militant Europe Ecologie / Les Verts, Sucy-en-Brie

27 novembre 2010

Comité de soutien aux Roumains de Sucy : non aux "expulsions de la honte"

"Roumains : Les Verts lancent un appel : Opposition aux "expulsions de la honte"

Ainsi s'exprimaient les Verts sur lesverts.fr le 16/08/2010. Cet appel évoquait la politique menée par le gouvernement avec tous les relents xénophobes que l'on connaît. Mais tout cela semblait bien loin de Sucy-en-Brie. En quoi étions-nous concernés ?

 

Nous l'étions pourtant déjà. Celles et ceux qui sont attentifs avaient remarqué que, près de Point P puis Saint Gobain, des familles occupaient des terrains vagues et y avaient construit leurs habitations. Les conversations parlaient de gens du voyage, d'autres de bidonville. D'autres enfin ne se contentaient pas de parler mais tentaient de résoudre les plus gros problèmes de ces 37 personnes (dont des enfants scolarisés pour la plupart dans des écoles sucyssiennes), tâchant d'organiser leurs vies malgré les menaces d'expulsions et les démolitions effectuées de leurs constructions précaires.

 

Un comité de soutien aux roumains (1) de Sucy-en-Brie s'est donc constitué. Comme le dit Blandine Lambert à travers l'article du Parisien du samedi 21 novembre : « tout a commencé avec une prière du curé de Sucy, au mois d'août, au moment où les Roms venaient de se faire expulser d'un terrain. Cela m'a interpelé car ce dont le prêtre parlait se passait juste à côté de chez moi. Avant j'étais plutôt à dire qu'on ne pouvait accueillir tout le monde. A partir du moment où je les ai rencontré, tout a changé ».

 

Comit__Roumains_Sucy_20_nov_2010_3

Selon cet article, plus de la moitié du comité de soutien est constitué de chrétiens, ce qui n'empêche pas l'autre partie de rassembler des musulmans, des associatifs de Roms Europe ou de la FCPE, des représentants de partis politiques écologistes et de gauche. Cette diversité s'est exprimée samedi dernier à 11h devant la mairie de Sucy. Car Le TGI de Créteil a rendu son verdict le 16 novembre : les familles Roms installées à Sucy vont être de nouveau expulsées avec peu de chances cette fois de retrouver un terrain. Ces enfants, ces hommes et ces femmes vont se retrouver dehors, au mieux ils auront 2 nuits à l'hôtel, on demandera aux hommes et aux femmes de se séparer. La demande du comité à Madame le maire de Sucy est donc de sursoir à exécution de l'expulsion.

 

En effet il faut du temps pour mettre la situation en règle. Ces familles travaillent déjà et peuvent monter des auto-entreprises. Si plusieurs instances y travaillent ensemble d'autres projets peuvent voir le jour. Laurent POINGT, dans le même article du Parisien, soutient leurs activités professionnelles du mieux qu'il peut en tant que chef d'entreprise. Il est possible de lancer un chantier d'insertion, le Conseil général a des fonds pour cela, avec des associations qui se sont déjà mobilisées et qui ont réussi dans d'autres villes. Le rejet vient toujours de la méconnaissance et de l'absence de communication. Le comité de soutien est prêt à travailler avec la mairie.

 

Les roumains de Sucy ne demandent pas l'assistanat mais seulement de vivre dignement. Or ils sont rejetés de leur pays d'origine qui les exclut et en France ils sont « inclassables » puisque ni « gens du Voyages », ni sédentaires (pas d'adresse légale). Ils craignent la démolition de leurs habitations d'un jour à l'autre et la dispariton de leurs biens ; aller travailler ces temps derniers est difficile pour eux et certaines nuits sont même passées sous tentes, en plein mois de novembre, tellement la peur est grande de se voir expulsés au matin !

 

Aux dernières nouvelles, suite au rassemblement de samedi, Madame le Maire a fixé rendez vous à la délégation du Comité de Soutien vendredi 26 novembre.

 

Frédéric BRAND

Europe Ecologie-Les Verts

 

Vous pouvez aussi manifester votre solidarité par un don, si modeste soit-il, il servira a acheter par exemple des bottes pour les enfants, du lait pour le bébé, des médicaments etc...par chèque à l'ordre Blandine Lambert ou Philippe Haniquaut - Comité de soutien aux roumains de Sucy - 11 rue des Petits Chatelets - 94370 SUCY en BRIE - soutienauxroumainsdesucy@gmail.com

(1) Le titre initial sur le site des Verts était : « Roms : Les Verts lancent un appel : Opposition aux "expulsions de la honte" ; pour la raison expliquée en (2) j'ai changé le titre.

(2) j'ai pu les rencontrer pour la première fois dans leur camp samedi : les familles de Sucy ne veulent pas qu'on les appelle « Roms » ; ils préfèrent le terme « Roumains ».

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14 novembre 2010

Atlas du sud-est du Val de Marne (5) : Vieillissement, retraite et dépendance

Nous abordons cette semaine le thème du vieillissement démographique et de la réforme des retraites. D'un côté, les communes du Val de Marne se caractérisent par une population encore relativement jeune à l'échelle française. D'un autre côté, on voit augmenter dans certaines communes la part des plus de 60 ans. Les retraités qui quittaient jadis la région parisienne vont-ils désormais y demeurer ? Quel impact cela aura-t-il sur la vie des communes et des quartiers ?


1. Qu'est ce que le vieillissement et comment le mesurer ?

Lorsque l'on demande en France à une personne "quel est votre âge ?", elle a généralement tendance à répondre en donnant la période de temps écoulé depuis sa naissance. Répondre "J'ai 40 ans" signifiera que j'ai franchi 4 décennies depuis ma naissance. Mais si l'on posait la question à un Camerounais, il répondrait peut-être en donnant sa distance non pas à la naissance mais à la mort. Dire "J'ai 20 ans" signifierait alors qu'il me reste environ 20 ans à vivre, quel que soit le nombre d'années que j'ai déjà parcourues.

La même question se pose lorsque l'on parle de la question des retraites. Un individu de 40 ans pourra dire "je travaille depuis 15 ans", mesurant ainsi le début de sa période d'activité et il pourra ajouter, "j'en ai encore pour 25 ou 30 ans"  s'il tente de prédire le temps qu'il lui reste avant sa retraite.

Enfin, et ce n'est pas le moindre problème, les années de travail ou de retraite seront appréhendées de façon différente selon que l'on sera en bonne santé ou que l'on souffrira de handicaps. C'est toute la question de l'inégalité face à la retraite des catégories sociales. Un article de la revue Populations et Sociétés intitulé "La double peine des ouvriers" montre ainsi que non seulement les ouvriers vivent moins longtemps que les cadres, mais en plus leur courte retraite comporte davantage d'années en mauvaise santé avec des handicaps.

On peut résumer ces réflexions à l'aide du croquis ci-dessous qui montre que l'âge d'un individu est en fait composé d'un ensemble de distances passées (distance à la naissance, au début de la vie active) et de distances futures (distance à la retraite, distance au handicap, distance à la mort).

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Les lecteurs français du présent blog pourront s'amuser à calculer quelle est approximativement leur durée de vie restante à l'aide du diagramme ci-dessous.

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Si vous êtes par exemple un homme de 40 ans, il vous reste environ 39 ans à vivre et vous avez juste franchi le milieu de votre vie. Si vous êtes une femme de 40 ans, il vous reste encore près de 45 ans à vivre et vous n'avez donc pas franchi le milieu de votre vie. Cet exemple simple montre que la seule distance à la naissance ne permet pas de résumer l'âge. En terme de distance à la mort, une femme de 40 ans n'est pas égale à un homme du même âge car il lui reste davantage à vivre. D'après l'étude de l'INED sur "La double peine ...", un cadre supérieur de 35 ans aura encore devant lui 34 années de vie en bonne santé et 17 années avec des handicaps plus ou moins graves. Un ouvrier de 35 ans n'a plus devant lui que 24 années de vie en bonne santé et 17 années avec des handicaps plus ou moins importants.

En résumé, la notion de vieillissement doit tenir compte à la fois de la distance à la naissance (âge) et de la distance à la mort (espérance de vie) ou à l'invalidité (espérance de vie en bonne santé). Qu'en est-il pour la région Ile de France ?

2. L'Ile-de-France est une région jeune et en bonne santé à l'échelle européenne

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Avec une moyenne d'âge de 37 ans en 2005, l'Ile de France est l'une des régions les plus jeunes d'Europe (carte de gauche). Elle dispose par ailleurs d'une espérance de vie en bonne santé (sans handicap) qui est de 74 ans  ce qui est à nouveau parmi les meilleures situations en Europe (carte de droite). Lorsque l'on combine ces deux indicateurs, on peut en déduire un indicateur de développement démographique durable qui est le % d'années de vie en bonne santé restante . En Ile-de-France, ce rapport est de (74-37)/74 = 0.5, ce qui signifie que les Franciliens ont encore en moyenne devant eux 50% de leur vie en bonne santé. Tel n'est pas le cas de la plupart des régions européennes (carte du dessous).

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On voit par exemple que dans certaines régions de Bulgarie, les habitants ont des moyennes d'âge de près de 40 ans et des espérance de vie en bonne santé de 60 ans. Leur indice démographique est alors de (60-40)/60 = 0.33 ce qui signifie qu'il ne leur reste plus guère qu'un tiers (33%) de leurs années de vie en bonne santé devant eux ...

3. Le vieillissement des communes et quartiers du Val de Marne en 2007

S'il est relativement facile de calculer l'âge moyen des habitants des quartiers et communes du Val de Marne grâce aux données du recensement de 2007, il est difficile voire impossible de calculer leur espérance de vie en bonne santé et même leur espérance de vie tout court à un niveau géographique aussi fin. Les décès annuels ne sont en effet pas assez nombreux pour que l'on puisse estimer correctement la mortalité, sauf à prendre des périodes très longues ou à agréger les résultats par communes. On peut néanmoins avoir une idée assez bonne du vieillissement en regardant l'âge moyen des habitants et en gardant en tête le fait que l'espérance de vie en bonne santé est de l'ordre de 74 ans. On en déduit que les zones où l'âge moyen dépasse 37 ans correspondent à des territoires où les habitants ont franchi la moitié de leur durée de vie en bonne santé et peuvent être considérés comme "vieillissants". Au contraire, les territoires où l'âge moyen est inférieur à 37 ans sont des lieux où les habitants ont encore plus de la moitié de leur vie devant eux et sont donc "jeunes".

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Le département du Val-de-Marne offre de très grands contrastes démographiques puisque l'on va de quartiers à population très jeune (moyenne d'âge inférieure à 30 ans) à des quartiers extrêmement vieillis (moyenne d'âge supérieure à 50 ans). Dans certains cas, le vieillissement est plus apparent que réel car il résulte de la présence d'une maison de retraite sur le territoire du quartier. Mais on trouve tout de même de vastes zones de vieillissement, notamment à Saint-Maur-des-Fossés ou Nogent-sur-Marne. On note également les écarts spectaculaires qui peuvent être observés à l'intérieur de certaines communes comme Fontenay-sous-Bois, avec une population très jeune du côté Nord et très vieille du côté Sud.

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Le Haut Val de Marne est également un espace très contrasté, où le vieillissement est intimement lié à l'histoire de l'urbanisation et à l'étalement urbain.

Dans les communes du plateau urbanisées tardivement comme Marolles ou la Queue-en-Brie, la population qui s'est installée dans les années 2000 à 2010 était composée de jeunes actifs (25-30 ans) qui ont eu plusieurs enfants. Les personnes âgées étaient rares dans ces espaces et la jeunesse de la population est donc le résultat de la date tardive de croissance urbaine.

Dans les communes situés sur le talus comme Boissy, Sucy ou Chennevières, les contrastes démographiques sont beaucoup plus accusés et reflètent cette fois-ci des choix d'urbanisme plus anciens. Les zones de "pavillon de meulière" héritées des années 1920-1940 (Lois Loucheur) correspondent en général à des populations assez âgées, même si le changement des générations entraîne des rajeunissement cycliques. Pendant longtemps, le départ à la retraite des Parisiens vers la province a permis à de nouvelles générations de rajeunir régulièrement la population de ces quartiers. Il n'est pas certain que cela continue dans la mesure où beaucoup de zones rurales deviennent des déserts médicaux, incitant les personnes âgées à "rester en ville". Les zones les plus jeunes de ces communes sont sans surprise les quartiers d'habitat collectif construits dans les années 1960 à 1980 (Fosse Rouge, Cité Verte, Haie Griselle, Bois l'Abbé, ...). Le vieillissement a ici été limité jusqu'ici par l'ascenseur social. Ces quartiers attiraient de jeunes ménages à revenus modérés qui y louaient des appartements et y élevaient leur premier enfant. Ceux dont les revenus progressaient pouvaient ensuite devenir propriétaires et passer en maison individuelle ou dans des logements de plus grande taille dans d'autres quartiers. Il n'est toutefois pas certain que ce modèle puisse se poursuivre à l'avenir puisque la crise touche les plus modestes. Le processus de vieillissement dans les quartiers de personnes à revenu modeste et à fort taux de chômage n'est pas une hypothèse d'école ...

4. La part croissante des plus de 60 ans : évolution 1999-2007

Si l'on examine plus précisément la tranche d'âge des plus de 60 ans, on peut tenter de repérer comment évolue leur distribution spatiale entre les deux recensements de 1999 et de 2007. Il y a malheureusement quelques lacunes pour 1999 puisque certaines communes comme Noiseau ou Ormesson n'étaient pas encore découpées en quartiers à cette date.

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Nous ne commentons pas dans le détail les cartes de répartition des plus de 60 ans présentées ci-dessus, car elles rappellent sur bien des aspects la carte de l'âge moyen des habitants. On se bornera juste à noter la très grande hétérogénéité de Sucy-en-Brie et de Chennevières qui présentent des proportions très contrastées de plus de 60 ans d'un quartier à l'autre. 

 

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Le poids des plus de 60 ans dans la population totale augmente rapidement dans la population du Val de Marne mais contrairement à ce que l'on aurait pu penser, il ne touche pas spécialement les communes proches de Paris. Au contraire, celles-ci attirent désormais de plus en plus les jeunes ménages qui renoncent à construire une "petite maison dans la prairie" comme leurs aînés. Il vaut mieux désormais habiter en zone dense près d'une gare de RER ...

Du coup, le vieillissement le plus marqué apparaît non pas à Saint-Maur ou à Nogent mais dans des communes plus éloignées comme Sucy-en-Brie, Boissy-Saint-Léger, Chennevières, La Queue-en-Brie, le Plessis Trévise. Certes, il ne s'agit encore que d'une tendance  timide, mais il ne serait pas si surprenant de voir dans les années à venir la communauté de commune du Haut-Val de Marne se couvrir de résidences de personnes âgées, tandis que les crèches iront plutôt s'installer aux portes de Paris ...

 

Claude Grasland
Militant Vert, Sucy-en-Brie

Pour en savoir plus :

Baron M., Cunningham-Sabot E., Grasland C., Rivière D., Van Hamme G., 2010, Villes et régions européennes en décroissance : maintenir la cohésion territoriale, Hermès-Lavoisier, 345 p.

Villes et


ANNEXE : Données statistiques sur la démographie des quartiers du Haut Val de Marne en 1999 et 2007

  • Données du recensement de 1999

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07 novembre 2010

Atlas du sud-est du Val de Marne (4) : La vulnérabilité face au chômage

Nous abordons cette semaine le thème de l'impact de la crise économique sur l'emploi dans les communes et quartiers du Val de Marne. Il est encore trop tôt pour disposer de données récentes sur le chômage à l'échelle des quartiers après la crise. Mais il est instructifs d'étudier la situation en 2006 afin de voir quelles étaient alors les forces et les faiblesses des différents territoires


1. Evolution du taux de chômage dans le Val de Marne de 1982 à 2009

Le département du Val de Marne affichait un taux de chômage d'environ 8.5% à la fin de l'année 2009, ce qui était à peu près dans la moyenne de l'Ile de France mais beaucoup moins que dans l'ensemble de la France où le taux de chômage fin 2009 était déjà de 9.5%. Ces taux ont certainement augmenté depuis, mais on peut penser que le Val-de-Marne tout comme l'Ile de France sont légèrement moins touchés que le reste du pays. 

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En effet, l'analyse du chômage sur une période longue montre que, depuis 1982, le chômage a toujours été sensiblement plus faible en Ile de France que dans le reste du pays, sauf au début des années 2000 où il était à peu près égal. Quant au Val de Marne, il suit presque exactement la courbe générale de la région Ile de France, en étant presque toujours légèrement en dessous. Est-ce à dire que nous vivons dans un département privilégié en matière de chômage ?

La réalité est évidemment bien différente et ce qui caractérise tout d'abord le Val de Marne c'est la formidable hétérogénéité des niveaux de chômage d'une commune à l'autre ou même à l'intérieur des quartiers d'une même commune

2. Le taux de chômage global par quartier dans le Val de Marne en 2006

Il n'a pas été très facile de réaliser la carte du chômage par quartier en 2006 présentée ci-dessus car les données fournies par l'INSEE sur le nombre de chômeurs étaient souvent incomplètes (zones en gris), soit parce que le nombre d'actifs n'était pas suffisant pour calculer un taux (l'INSEE ne publie pas les chiffres inférieurs à 5), soit parce que pour une raison inconnue le nombre de chômeurs n'était pas disponible dans un quartier précis alors même que le nombre de chômeurs y est certainement supérieur à 5 (ex. quartiers du Plateau ou du Grand Val à Sucy-en-Brie). Seconde difficulté, les données de chômage par quartier concernaient l'année 2006 alors que les seuls données sur les actifs l'étaient pour 2008 ... Il a donc été nécessaire de calculer un taux légèrement inexact en divisant le nombre de chômeurs 2006 par le nombre d'actif en 2008. L'erreur est toutefois réduite dans la mesure où la mobilité des actifs est assez réduite. En tout état de cause cette erreur est probablement la même pour tous les quartiers et elle ne nuit pas à une analyse comparative des situations. 

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Télécharger la carte au format PDF

Notre calcul aboutit à un taux de chômage moyen d'environ 9.9% pour l'ensemble du Val de Marne en 2006, alors que la statistique officielle n'indique qu'un taux de 8% à 8.5% pour le département cette année là. Il faut donc réduire nos estimations d'environ 1/10e pour se rapprocher du chiffre officiel.

Mais le plus important est ailleurs.Ce que montre la carte c'est l'incroyable différence de niveau de chômage entre les communes du Val de Marne et, plus encore, entre les quartiers. On va en effet de plus de 15% dans des quartiers ouvriers de Villejuif, Ivry ou Villeneuve Saint-Georges à moins de 5% dans des banlieues résidentielles cossues comme Ormesson ou Marolles. La communauté de commune du Haut Val de Marne apparaît de ce point de vue comme un espace privilégié où le taux de chômage moyen tourne autour de 7%, soit un tiers de moins que dans le reste du département.

3. Zoom sur le Haut Val de Marne : des contrastes gigantesques en matière de chômage

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La communauté de commune du Haut-Val-de-Marne totalise tout de même environ 3300 chômeurs en 2006, comparer aux 46000 actifs de 2008. Même si le taux général de chômage y est faible, les contrastes y sont très accusés à l'intérieur même des communes.

A Chennevières par exemple, le taux de chômage varie de 4% dans le quartier "Paris" à 9% dans le quartier du Centre et près de 14% dans la partie du quartier du Bois-l'Abbé située sur son territoire. Ce taux atteint ensuite de 16 à 19% dans l'autre partie du quartier du Bois l'Abbé située sur le territoire de Champigny.

Mêmes contrastes à Boissy-Saint-Léger où le taux de chômage varie de 3.6% dans le quartier du Bois-Clary à plus de 16% dans le quartier Prévert qui détient le record de la communauté de commune du Haut Val de Marne.

A Sucy-en-Brie, les écarts semblent plus réduits plus que les taux ne vont que de 5.1% dans le quartier du Petit Val à 8.4% dans le quartier de la Fosse Rouge et 11.1% dans le quartier de la Cité Verte. Il manque toutefois les données pour les deux quartiers du Grand Val et du Plateau qui ont sans doute des taux faibles.

La carte du chômage rappelle évidemment beaucoup la carte des revenus et appelle les mêmes commentaires quant aux limites de la communauté de commune du Haut-Val-de-Marne : fondée sur un critère d'homogénéité politique et sociale, ce territoire relativement privilégié à l'échelle du département trace des frontières à l'intérieur d'espaces en difficultés qui nécessiteraient une collaboration élargie (Boissy-Limeil, Chennevières-Champigny, Sucy-Bonneuil, etc).   

4. Spécificités du chômage des jeunes, des seniors et des femmes

On peut affiner un peu l'analyse en comparant pour chaque quartier le taux de chômage des jeunes actifs (moins de 25 ans), des actifs âgés (plus de 50 ans) ou des femmes au taux de chômage général. On s'intéresse alors à l'écart relatif entre le taux de chômage de ces catégories et celui de l'ensemble des actifs de la zone en prenant comme référence un indice 100 si les taux sont égaux. Par exemple, à Ormesson le taux de chômage général est de 5.4% alors que celui des moins de 25 ans y est de 6.6%. On peut donc dire que, même si le chômage est faible dans cette commune, le chômage des jeunes y est sensiblement plus élevés que celui des autres actifs. Ce qu'on peut exprimer par l'indice de spécificité 122 (100 x 6.6 / 5.4) qui montre que le chômage des jeunes est 22% plus fort que celui des actifs d'Ormesson.

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tchomfemtchomvieuL'analyse détaillée des spécificités présentées sur les cartes ci-dessus et dans l'annexe statistique montre que dans les communes du Haut-Val de Marne, le chômage des plus de 50 ans est presque toujours plus faible que la moyenne générale. On comprend assez bien pourquoi si on imagine que c'est précisément la présence d'une emploi stable et bien rémunéré qui a permis l'installation dans des communes où le prix du foncier est assez élevé. Ce sont souvent des personnes installées vers l'âge de 30 ans qui résident toujours dans les mêmes maisons individuelles construites dans les années 1990.

Le taux de chômage des femmes est en revanche significativement plus élevé que celui des hommes dans cette partie du Val de Marne. Cela peut s'expliquer par une absence d'emplois de proximité comme nous l'avions montré dans l'analyse de la carte de répartition des emplois et des actifs. Dans la division traditionnelle des rôles, l'homme va travailler loin (en voiture ...) et la femme ne peut prendre un emploi en plus de la charge de s'occuper des enfants que si cet emploi est proche.

On notera enfin que le taux de chômage des jeunes présente des spécificités variables dans les communes du Haut Val de Marne. Il est plus faible que la moyenne des actifs dans des communes comme Sucy-en-Brie, mais nettement plus élevé à Ormesson ou La Queue en Brie.


Claude Grasland
Militant Vert, Sucy-en-Brie


ANNEXE : Données statistiques sur le taux de chômage des quartiers du Haut Val de Marne en 2006


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31 octobre 2010

Des barbelés sur la prairie ? Comment Sucy et Saint-Maur ferment leurs frontières ...

enfinlibreEn République une commune peut-elle limiter l' accès de son territoire aux citoyens des communes voisines ou du reste de l'Ile-de-France ?  Est-ce un retour au Moyen-Age ou au Far-West ? 




A) Le train sifflera trois fois ... ou comment Saint-Maur-des-Fossés tente de bloquer le passage d'Arc Express

Je ne ferai à aucun Sucycien l' injure de supposer qu 'il ignore que le RER A est saturé...

Au Conseil Municipal nous venons de voter à l' unanimité une motion disant que nous appelons de nos voeux le croisement du dit RER avec Arc express, ce métro automatique au tracé circulaire autour de Paris , au plus loin à Saint-Maur Créteil afin de désengorger ce maudit RER (Cf Article sur les transports en Ile de France) .

railsSeulement voilà, Monsieur le Maire de Saint-Maur ne veut pas de gare (…) soutenu par des électeurs, comme cette Saint-Maurienne qui a soutenu à la réunion organisée par le Conseil Général que ce nouveau moyen de transport créerait de l' insécurité (…) .

(Cliquer ici pour visionner l'intervention de Me Stephanie Chupin, directrice de cabinet du maire de Saint-Maur lors du débat public  sur Arc Express à Créteil )

Il occasionnerait peut-être aussi des expropriations avenue de la Libération.

Durant les émeutes consécutives à l' électrocution de deux jeunes poursuivis par la police qui s' étaient réfugiés dans un transformateur électrique, Monsieur le Maire de Saint-Maur avait donné l' ordre à la police municipale de se positionner sur les ponts de Saint-Maur, renforçant le « phantasme de l' île »...

J' entends d' ici une rumeur réprobatrice...

B) Règlement de compte à O.K. Corral ... ou comment Sucy-en-Brie traite les habitants de Marolles.

barbeles_prairie05Et pendant ce temps-là, qu' organise l 'équipe de Madame la Maire de Sucy-en-Brie ? En disposant artistiquement des sens uniques et des chicanes au sein du Quartier des Bruyères, elle tente d' endiguer le flot des voitures qui se déverse sur les rues qu' elle est censée entretenir, ne réussissant qu' à  rallonger ainsi  le temps de transport des Marollais d' une bonne demi-heure et à rassembler au sein d' une pétition  700 signatures en un temps record. Eh oui ! La rue est à tout le monde... Et Marolles ne comporte que deux issues.

Si on résume, les habitants de cette zone (Bruyères et Marolles) fort prisée car située juste à côté de la forêt et  où l' on vit entre gens bien élevés prennent conscience qu'elle est situé loin des transports en commun. Et que s' ils ne viennent pas à eux, leur voiture ne va pas les empêcher de déménager. Car ils en sont dépendants, de leur voiture (Cf Carte de la dépendance automobile dans le Val de Marne).

C) Travailler et réfléchir ensemble

Travailler ensemble. Et pas les uns contre les autres. Car une communauté fermée constituée de gens aisés (pour combien de temps ?) n' aurait pas plus les moyens d' entretenir la chaussée, qui, avouons-le, souffre... Pas plus que  la mairie de Sucy de construire une mini salle des fêtes réservée strictement aux assez peu nombreux habitants des Bruyères.

Réfléchir ensemble ...Me permettez-vous des suggestions ?

barbeles_prairie06

« On a souvent besoin d' un plus petit que soi » ?

« Liberté Egalité Fraternité » ?



texte : Sylvie Grasland-Deslot, Conseillère municipale "Les Verts" de Sucy-en-Brie

Illustration : Claude Grasland, Militant "Les Verts" de Sucy-en-Brie (avec l'aide de Morris)

Source des images : http://www.bangbangluckyluke.com/

 

30 octobre 2010

Les chroniques d'Anastasie (1) : Peut-on débattre de politique sur le forum municipal de Sucy-en-Brie ?

AnastasiePlusieurs contributions au débat sur l'Agenda 21 reprenant les cartes et articles publiés sur ce blog ont été coupées sur le forum municipal de la ville de Sucy-en-Brie. Il serait interdit de poster des liens vers des blogs de parti politique, alors même que c'est la seule manière de transmettre des documents graphiques comme des cartes. Plus généralement, est-il légitime de modérer les messages en l'absence de toute charte des utilisateurs ?

En attendant qu'une réponse claire soit donnée par la mairie sous la forme d'une charte des utilisateurs du forum municipal de débat de Sucy-en-Brie, nous publierons chacun des messages postés sur le site de Sucy-en-Brie dans sa version originale (copies d'écran) afin que les citoyens intéressés puissent examiner les "coupes" effectuées par le modérateur du forum de la ville et en déduire faute de mieux une "jurisprudence" de ce qu'il faut bien appeler une censure.

A) Message du 5 septembre 2010 demandant l'autorisation de débattre de sujets politiques (res publica)

N.B. Une version de ce message comportant des  liens vers les sites web de l'ensemble des partis politiques démocratiques de Sucy (UMP, NC, MODEM, PS, PC, Verts) a été "coupée" par la modératrice.

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B) Message du 30 Octobre 2010 demandant la création d'une charte des utilisateurs du forum
N.B. Il s'agit cette fois-ci de la version originale du message postée ce jour, avant retouches éventuelles par la modératrice du forum municipal (que je salue)
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Claude GRASLAND
Militant Verts, Sucy-en-Brie

P.S. Plutôt que de poster des commentaires sur ce blog, je vous suggère dans ce cas précis de les poster plutôt sur le site de la ville de Sucy-en-Brie et de ne les faire figurer en double ici que si vous craignez la censure.

Je rappelle d'ailleurs à cette occasion que le présent blog est modéré mais que le débat politique y est bienvenu. Seuls sont interdits les liens commerciaux, les propos hors sujet (souvent générés par des robots) et bien sût tous les messages à caractère diffamatoire, raciste, pornographique, etc.

24 octobre 2010

Atlas du sud-est du Val de Marne (3) : la dépendance automobile

Après avoir étudié la distribution des revenus et celle des emplois, nous passons à l'analyse d'un indicateur fondamental en matière de développement durable : le nombre d'automobiles par ménage. Il s'agit d'un puissant révélateur à la fois des inégalités en matière de revenu et des inégalités en matière d'accès aux transports en commun. C'est aussi un indicateur très politique, tant l'automobile a fini par créer une véritable "dépendance" chez ses utilisateurs, dépendance qui est exploitée sans vergogne par des lobbies politico-industriels


1. Critère retenu : le nombre d'automobile par ménage au recensement de 2007

Il faut commencer cette chronique par un grand coup de chapeau à l'INSEE qui vient de publier le 1er septembre 2010 l'ensemble des données du recensement de 2007 par IRIS c'est-à-dire par quartiers pour l'ensemble de la France entière. Les données sont accessibles sur le site des données infracommunales du recensement 2007. On peut y télécharger aussi bien les données relatives aux habitants, aux logements, aux emplois ...et y trouver aussi bien la pyramide des âges que le nombre de naissances, de chômeurs, de cadres, etc dans chaque quartier de la France entière ! Le seul problème est la taille gigantesque des fichiers (de 20 à 40 Mo chacun) et la difficulté à passer des données statistiques aux cartes (le fond de carte des IRIS ne pouvant être téléchargé que commune par commune). A quand un outil de cartographie interactive accessible au grand public ?

En attendant, les Verts de Sucy s'efforcent de vous informer en produisant quelques cartes intéressantes pour le débat citoyen. Cette semaine, nous allons nous intéresser à la distribution des ménages (habitants d'un même logement) en fonction du nombre d'automobiles qu'ils possèdent. L'INSEE nous fournit à la fois le nombre de ménages total, ceux qui ont une seule automobile et ceux qui en ont deux ou plus. On peut donc en déduire par soustraction le nombre de ménages qui n'ont pas d'automobile et construire une typologie des quartiers selon que les habitants ont un nombre plus ou moins important d'automobiles à l'aide d'un diagramme triangulaire

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Sur ce graphique, chaque point représente un quartier en fonction du % de ménages qui ont 0, 1 ou plus de deux automobiles. Par exemple, les points verts foncés correspondent aux quartiers où 50% des ménages n'ont pas d'automobile (majorité absolue) tandis que les points verts clairs sont ceux ou la majorité relative des habitants n'ont pas d'automobile (exemple : 40% sans automobile, 35% avec une automobile et 25% avec deux automobiles).   On définit de la même manière les quartiers où les habitants ayant deux automobiles représentent la majorité absolue (rouge foncé) ou la majorité relative (rouge clair). Idem pour le cas le plus fréquent où les ménages ayant une seule automobile représentent la majorité absolue (jaune foncé) ou la majorité relative (jaune clair). On peut alors réaliser une cartographie de la situation automobile des ménages à l'échelle de l'ensemble des quartiers du Val de Marne.

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Télécharger le graphique au format PDF

Télécharger la carte au format PDF

Cette première carte permet de repérer d'emblée la singularité du sud-est du Val-de-Marne, caractérisé par la présence majoritaire de ménages ayant deux automobiles ou plus (rouge ou rose foncé) tandis que les quartiers les plus proches de Paris (en vert) sont les seuls où l'on trouve parfois une majorité de ménages sans automobile. Ceci est évidemment lié à la présence d'une plus forte densité de transports en commun mais aussi d'emplois à proximité de leur domicile. La situation dominante du Val-de-Marne est en tous les cas celle de ménages ayant le plus souvent une seule automobile (en jaune).

2. Le taux de dépendance automobile dans le Val de Marne : le rôle des transports en commun

Pour pouvoir synthétiser plus efficacement la dépendance automobile, nous avons procédé à une estimation minimale du nombre d'automobiles dans chaque quartier en faisant l'hypothèse que les ménages ayant deux automobiles ou plus en ont exactement deux. Par exemple, l'INSEE nous indique que le quartier Notre-Dame/les Bruyères de Sucy-en Brie comporte 917 ménages dont 388 ont une seule automobile et 493 ont deux automobiles ou plus. On en déduit que 36 ménages seulement n'ont pas d'automobile dans ce quartier riche et excentré (soit 917-388-493). On peut alors estimer le nombre minimal d'automobiles à 1373 (soit 36x0 + 388 x 1 + 493 x 2), sachant qu'il est sans doute supérieur puisque nous avons compté seulement 2 automobiles en moyenne pour les ménages en ayant "2 ou plus". On peut alors calculer la dépendance automobile de ce quartier en divisant le nombre minimum d'automobile par le nombre de ménage, ce qui donne 1.50 automobiles par ménage (soit 1373/917). On pourrait également calculer le nombre d'automobiles par habitant, mais il semble préférable de s'en tenir au critère des ménages.

Le niveau moyen de dépendance automobile dans le Val de Marne est de 0.9 automobile par ménage mais cette valeur de référence cache de gigantesques différences puisque les valeurs observées dans les différents quartiers vont de moins de 0.5 dans certains quartiers de Vincennes proches de Paris à plus de 1.6 dans des communes périphériques comme Santeny.

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Téléchargez la carte au format PDF

Ce qui frappe à l'évidence au vu de cette carte est la relation nette entre la dépendance automobile et la distance à Paris et, plus généralement, la distance aux réseaux de transport en commun (RER, métro, bus en site propre, ...). Beaucoup plus que le revenu des habitants (qui intervient tout de même aussi), on est frappé de voir à quel point les angles morts du réseau de transport en commun constituent des niches majeures pour l'automobile.

Il faut également souligner que ces angles morts du transport en commun sont aussi des zones à faible densité, souvent occupées par de grands massifs forestiers (Forêt Notre Dame) ce qui rend difficile et non-rentable la mise en place d'infrastructures lourdes de type RER. On y trouve en revanche de grandes rocades autoroutières (francilienne) qui ont été à l'origine d'une urbanisation opportuniste provoquant un mitage irréversible des espaces agricoles et naturels.

C'est bel et bien une cartographie du développement non-durable qui est mise en évidence par cette cartographie de la dépendance automobile, et on comprend mieux à quel point le concept de ville dense est important pour réduire à la fois les nuisances automobiles et la destruction des espaces naturels. De ce point de vue, le sud-est du Val de Marne apparaît comme l'espace le plus pathologique en matière de dépendance automobile.


3. Zoom sur le Haut Val de Marne : le rôle de la richesse par habitant et de l'urbanisation sauvage

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La communauté de commune du Haut-Val-de-Marne rassemble 38703 ménages selon le recensement de 2007. Parmi ceux-ci, on en trouve 5778 (15%) n'ayant pas de voiture, 19364 (50%) ayant une seule voiture et 13561 (35%) ayant deux voitures ou plus. On peut donc calculer que les 7 communes rassemblent au minimum 46487 voitures (et sans doute plus !) ce qui donne un taux de dépendance automobile de 1.20 automobiles par ménage pour la Communauté de Communes du Haut-Val-de-Marne, ce qui est beaucoup plus que la moyenne du département (0.90). On pourrait certes objecter que les ménages sont souvent de plus grande taille en périphérie (familles avec enfant) ce qui expliquerait un nombre plus élevé d'automobiles. Mais la véritable raison est bel et bien l'éloignement des infrastructures de transport collectif qui est liée au développement de lotissements isolés de maisons individuelles, destinés souvent aux populations les plus aisées.

On notera également avec intérêt que la relation entre dépendance automobile et revenu médian des habitants est très forte dans les communes du Haut-Val-de-Marne, alors qu'elle ne joue guère lorsque l'on se rapproche de Paris.

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Le graphique montre très clairement que les quartiers à haut revenus sont clairement ceux qui utilisent le plus l'automobile dans le Haut Val de Marne, précisément parce qu'ils se sont implantés loin des gares dans des lotissements dits "de prestige" qui sont en fait des espaces de refuge pour se retrouver "entre soi". On ne trouverait pas une telle corrélation près de Paris ou même à Saint-Maur, car ici les habitants riches forment des masses plus compactes sur de vastes territoires et ils n'ont pas forcément besoin de s'isoler pour se retrouver "entre soi" ... Ils utilisent donc moins l'automobile et n'hésitent pas à utiliser à leur tour les transports en commun.

On le voit, il faut faire appel non seulement à la géographie ou l'économie mais aussi à la sociologie et l'histoire pour comprendre la situation actuelle de dépendance automobile des quartiers des communes du Haut-Val-de-Marne. Il est en tous les cas plaisant de constater que justice sociale et développement durable marchent ici ensemble car ce sont les plus modestes qui sont les plus respectueux de l'environnement et les plus riches qui détruisent l'environnement et subissent de plein fouet la dépendance automobile. Réduire les inégalités sociales de revenu pourrait donc être plus que bénéfique pour l'environnement !

Claude Grasland
Militant Vert, Sucy-en-brie


ANNEXE : Données statistiques sur la dépendance automobile des quartiers du Haut Val de Marne


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17 octobre 2010

Atlas du sud-est du Val de Marne (2) : la répartition des emplois et des actifs par quartiers et communes en 2006-2008

Après avoir étudié la distributions des revenus par unité de consommation, nous allons aborder ici la question de la répartition spatiale des emplois et des actifs. Il s'agit en effet d'un enjeu majeur, tant sur le plan politique (taxe professionnelle) que sur le plan écologique (énergie dépensée en raison des distance domicile-travail) et sur le plan social (difficulté à trouver un emploi près de chez soi)


1. Critère retenu : le rapport entre nombre d'emploi (2008) et nombre de salariés (2006)

Les emplois sont-ils situés à proximité du domicile des employés ? En d'autre terme, peut-on trouver dans chaque commune ou chaque quartier autant d'emploi qu'il n'y a d'actifs. On peut tenter de répondre à cette question à l'aide  du site des données locales de l'INSEE en téléchargeant successivement la distribution des actifs en 2006 (travailleurs au lieu de domicile) et la distribution des emplois en 2008 (travilleurs au lieu de travail). Même si les deux dates ne coïncident pas exactement, la comparaison des deux distributions est très instrctive :

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On voit tout de suite que les emplois (cercles rouges) se concentrent dans quelques zones précises (Rungis, Créteil, Port de Bonneuil) tandis que les actifs sont dispersés dans toutes les communes et les quartiers. Il ne peut sans doute pas y avoir de coïncidence parfaite, mais on demeure frappé par le déficit d'emploi de certains quartiers et de certaines communes, ce que l'on peut mieux visualiser en créant un rapport Emploi / Actifs  qui devrait théoriquement valoir 1 dans les territoires qui ont un nombre d'emploi égal à celui de leurs actifs (même si cela ne veut pas dire que tous travaillent sur place).   



2. LE RATIO EMPLOI/ACTIFS : DES PÔLES D'EMPLOI PRES DE PARIS ET DES AXES DE TRANSPORT, DES BANLIEUES DORTOIR AILLEURS.   

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Dans l'ensemble du Val de Marne, l'INSEE dénombre 498 000 emplois en 2008, à comparer aux 581 000 actifs de 2006. Le rapport emploi/actif y est donc de 0.85 emplois par actif, ce qui est plutôt défavorable et implique qu'une bonne partie des habitants du Val-de-Marne sont obligés d'aller travailler en dehors de celui-ci, en particulier à Paris et dans les Hauts de Seine.

Les contrastes sont également très forts à l'intérieur du Val de Marne car on a eu tendance dans le passé à concentrer les activités dans des zones spécialisées, loin des zones d'habitat. On va ainsi passer de quartiers concentrant les emplois avec pour ainsi dire aucun habitant (orange-rouge sur la carte) à des quartiers n'ayant pour ainsi dire aucun emploi mais beaucoup d'habitants (bleus foncés sur la carte). 

Cet urbanisme à l'ancienne qui découpait l'espace en zones spécialisées dans le travail ou dans le sommeil est responsable de bien des problèmes présents, notamment en ce qui concerne les distances domicile travail et l'usage de l'automobile.

L'urbanisme moderne va au contraire tenter d'intégrer emploi et habitat dans les même quartiers, à l'instar du nouveau quartier Paris-Rive gauche situé dans le 13e arrondissement. Mais il est évidemment plus facile de créer un urbanisme réussi en partant d'un terrain vierge. Et il faut aussi faire avec les héritages passés.

 

3. ZOOM SUR LA COMMUNAUTE DE COMMUNE DU HAUT-VAL DE MARNE

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La communauté de commune du Haut-Val de Marne est composée en majorité de quartiers-dortoirs avec un niveau général très faible de 0.6 emplois par actif résident. Il y a évidemment quelques quartiers concentrant plus d'emploi, notamment :

  • Le quartier de la gare RER à Boissy-Saint-Léger
  • le quartier de la gare RER à Sucy-en-Brie
  • les zones d'activités proche de la RN4 à Chennevières

Il n'en demeure pas moins vrai que ce que la carte montre c'est une fois de plus l'absurdité des frontières de la communauté de communes du Haut-Val-de-Marne, en particulier la coupure qui la sépare de Bonneuil-sur-Marne et Limeil-Brévannes. On imagine bien les raisons politiques qui ont présidé autrefois à ce découpage (mettre ensemble les communes "de Droite" et "de Gauche") et qui ont sans doute répondu à une volonté commune des élus de part et d'autre ... Mais on ne peut que déplorer l'absurdité fonctionnelle de ce découpage sur les plans économique, social et écologique.

Car enfin, si l'on veut réellement rapprocher l'emploi de l'habitat, si l'on veut construire dans le Val de Marne des zones d'activité comparables à celles de l'Ouest parisien, ce n'est certainement pas en se tournant le dos et en tirant chacun de son côté un espace stratégique commun. C'est en effet sur les confins de Boissy et de Limeil, de Sucy et de Bonneuil, qu'on pourrait mener les projets les plus ambitieux en matière d'intégration de zones d'habitat et d'emploi. C'est là et nulle part ailleurs que l'on pourrait construire des écoquartiers proche des transports en communs, où les habitants pourraient travailler tout près de chez eux, sans être obligés de prendre leur voiture ... Bref, c'est dans ces confins du plateau de Brie et de la Plaine de la Seine que se joue l'avenir des communes qui se tournent le dos de part et d'autre !

"Frontière, n.f. : en géographie politique, ligne imaginaire séparant les droits imaginaires d'un pays des droits imaginaires d'un autre pays ." (A. Bierce, Le Dictionnaire du Diable)

Claude Grasland
Militant Vert, Sucy-en-Brie



Annexe : Données statistiques sur l'emploi  des quartiers et des communes du Haut Val de Marne en 2006-2008

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Source : Insee, données infra-urbaines

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